Cellulaire

Roman de Stephen King.

Un 1er octobre comme tant d’autres, l’Impulsion a changé la face du monde. Toutes les personnes s’étant servi de leur téléphone cellulaire ont reçu cette impulsion et se sont transformées en zombies agressifs. « Dès qu’on passe un appel ou qu’on décroche, on reçoit… comment dire ? Une sorte de message subliminal, j’imagine… un message qui vous rend cinglé. On dirait de la science-fiction, mais je suppose qu’il y a quinze ou vingt ans, on aurait pris les portables tels que nous les connaissons aujourd’hui pour de la science-fiction. » (p. 62) Les rares personnes épargnées tentent d’échapper aux hordes de « siphonnés » qui les attaquent pour les dévorer. Les jours passants, les siphonnés se calment et se rassemblent pour mettre en place un nouvel ordre, sans se parler, uniquement sous la poussée d’un esprit de groupe. « Ils nous ont mentalement trafiqués. Et pas qu’un peu. Nous n’avions aucune chance. » (p. 324) Tout cela n’est pas du goût de Clay, Tom, Alice, Jordan et quelques autres. D’après la rumeur, il existerait un endroit si isolé qu’aucune onde téléphonique n’y parvient. Est-ce là qu’il faut se réfugier ? Si oui, pourquoi les siphonnés encouragent-ils les normaux à s’y rendre ? « Restons-en à l’idée que l’homme est parvenu à dominer la planète grâce à deux traits essentiels : le premier est l’intelligence, le second est sa volonté absolue d’éliminer tout ce qui voudrait se mettre sur son chemin. » (p. 188 & 189)

L’auteur a dédicacé son roman à l’écrivain Richard Matheson et au cinéaste George A. Romero. Sous ce haut patronage de science-fiction et d’horreur, il faut surtout voir un lecteur/spectateur qui reconnaît ses influences et salue ses maîtres. Je suis une légende de Richard Matheson évoque une humanité infectée par un virus qui n’est plus composée que de vampires. Quand le monstre devient la norme, la normalité devient monstrueuse et le dernier homme sur terre n’a plus droit de cité. La nuit des morts vivants de George A. Romero présente une réflexion similaire : le vivant est-il tout puissant ? Est-il la norme ? Le monde peut-il tomber entre les mains des morts ?

Pour en revenir à Cellulaire, faut-il le lire ? Oui, sans aucun doute. Et le plus effrayant, finalement, ce ne sont pas les zombies qui essayent de vous bouffer les guiboles, ce sont surtout ces petits objets dont on peut si mal se passer, vous savez, les téléphones portables…

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