
Roman de John Langan.
Où est Roger Croydon, universitaire spécialiste de Dickens ? Un soir, son épouse Veronica raconte le plus étrange des récits. De son premier mariage, Roger a eu un fils, Ted : il aimait tendrement ce garçon qui, en grandissant, a déçu tous ses espoirs. La rupture, violente et aux airs de malédiction, s’est faite définitive quand le garçon est mort dans une mission militaire. Dès lors, la maison familiale, Belvedere House, devient le terrain d’angoissantes hallucinations, tant pour Veronica que pour son époux. « L’excès de fenêtres ne semblait jamais admettre assez de lumière pour chasser les ombres. » (p. 25) Une présence hante la demeure, c’est certain, et elle charrie de lourds nuages de colère et de culpabilité. Veronica explore le passé des lieux et de ses anciens occupants et Roger développe une fixation macabre pour Kaboul, où Ted a disparu. Un prix demande à être payé et c’est Belvedere House qui s’en fait l’implacable collecteur. « Les morts sont terrifiants. […] Ils sont avides. Ils sont toujours affamés. Ils prennent tout ce que vous avez à leur donner, et ça ne leur suffit pas. Ça ne suffira jamais. […] Vous ne pouvez pas rendre les morts heureux. » (p. 129)
Je me découvre une fascination croissante pour les maisons hantées ou maudites en littérature : Model Home de Rivers Solomon ou encore La maison biscornue de Gwen Guilyn ont récemment fait mes délices. « Les maisons pouvaient-elles tomber malades ? […] Pouvaient-elles attirer l’attention d’une maladie ? » (p. 239) Comme dans The Fisherman, John Langan enchâsse les histoires pour perdre ses lecteur·ices, puis les ramener à l’intrigue principale avec toutes les clés de compréhension. House of Windows est un très honnête roman d’horreur, efficace et bien mené, un page-turner qui a bien occupé 3 heures de train !