
Roman graphique de Jean-Christophe Deveney et Édouard Cour.
Helma et Hans échappent miraculeusement, mais surtout par hasard, à une vie laborieuse et austère grâce à leurs talents musicaux. « La musique est comme le vent ou la vie ! Elle appartient à celui qui la prend ! » (p. 122) La fillette a une voix d’or et le garçonnet maîtrise les instruments. Passant entre les mains de divers maîtres à la bienveillance variable, les jumeaux sont peu à peu reconnus pour leur art. À mesure des années, leur lien si fort est mis à mal et l’orgueil, péché terrible, fait des ravages dans leurs jeunes âmes. « Le seigneur a tracé des sillons pour chacun d’entre nous. Nul ne les quitte sans en payer le prix. » (p. 23)
Les histoires de jumeaux/jumelles, ça me touche toujours profondément, étant moi-même partie d’une paire. Je suis cependant lasse des clichés associés à cette forme si particulière de fratrie. En outre, certains passages sont terriblement verbeux et traînent en longueur. La lecture de cette bande dessinée n’est pas déplaisante, mais je doute d’en garder un souvenir profond, si ce n’est pour le graphisme. Tout n’est que noir et blanc, comme des gravures ou des eaux-fortes, mais soudain des notes et des mélodies tracent des lignes insolentes de couleur et de finesse, jaillissantes et animées d’une énergie qui leur est propre. « La musique est l’art sacré par excellence. Celui qui puise dans la création divine pour nous en rapprocher. Tout part de Dieu et tout lui revient. » (p. 239) L’œuvre est visuellement époustouflante. J’aurais aimé être autant touchée par l’intrigue.































