
Roman de Gudule. Illustration d’Arnauld Rouèche.
Branlebas de combat pour Marion et Léo en ce samedi matin ! Demain, la saison de chasse commence et leur père prévoit, comme chaque année, de s’en donner à cœur joie. Mais cette année, les enfants sont décidés à protéger les animaux de la forêt. « Quand on a neuf et dix ans, que peut-on contre des adultes, surtout lorsqu’ils sont en bande, armés de fusils, et prêts à tirer sur tout ce qui bouge ? » (p. 10) Marion, Léo et leurs amis Thomas et Matthieu vont sonner chez Mémé Verlan, sorcière punk qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui lance des sorts avec son ordinateur. Pour prévenir les animaux qu’ils doivent se mettre à l’abri, les enfants ont besoin de se faire comprendre : une formule informatique plus tard et leurs esprits sont projetés dans un lapin, un canard, un sanglier et un renard ! « Se retrouver pour quelques heures dans la peau d’un animal, n’est-ce pas le rêve de tous les enfants, finalement ? » (p. 42) Pendant ce temps, les esprits des animaux sont dans leurs corps d’enfants, ce qui va créer quelques situations confuses et cocasses…
Ce roman publié dans les années 1990 a très bien vieilli. La colère et le courage des enfants sont parfaitement rendus et on sent très bien que l’autrice n’est pas la première fan des chasseurs. « Ce n’est pas pour manger, qu’on chasse, c’est pour le sport ! » (p. 80) En matière d’exercice physique et de loisir, j’évite tout ce qui implique d’ôter le souffle à d’autres êtres vivants. Le texte est loin d’être léger ou benêt : les mômes changés en animaux finissent fatalement dans le viseur de leurs paternels, tous gonflés de leur bêtise meurtrière. Mémé Verlan est un fameux personnage : son langage fleuri et son attitude générale m’ont rappelé Mémé Ciredutemps, une autre sorcière à qui il ne faut pas en raconter. Cette lecture a été rapide pour la grande fille que je suis, mais je salue un roman jeunesse loin d’être seulement mignon et qui n’a pas peur de se montrer irrévérencieux, avec une fin tout à fait réjouissante.




























