
Roman de Stephen King.
Bill Wilson l’annonce à la police dans un courrier : pour venger un innocent, il tuera quatorze personnes. Treize seront innocentes, une sera coupable. « Quand l’expiation sera complète et que tu te seras racheté, tu pourras te reposer. Voilà ce qu’il se dit. » (p. 56) Pour le lieutenant Izzy Jaynes, ce n’est pas une menace à prendre à la légère, mais il faut d’abord identifier le vengeur sous pseudo. Officieusement, elle demande l’aide de son amie Holly Gibeny qui, entre deux affaires d’escroquerie à l’assurance et de bijoux volés, apprécie un dossier un peu plus consistant. Mais rapidement, les premiers meurtres revendiqués ensanglantent la ville et la police piétine. Holly est occupée par une mission de garde du corps auprès de Kate McKay, militante proavortement menacée de mort par des fous de Dieu et dont les conférences survitaminées attirent un public de plus en plus nombreux. « Holly aime croire en la bonté humaine, et elle croit véritablement que chaque personne, ou presque, a quelque chose de bon en elle. Hélas, son travail chez Finders Keepers lui a également appris que chaque être humain avait un côté moche. » (p. 51) À tout cela s’ajoute le concert exceptionnel d’une ancienne star de la soul. Holly et ses ami·es sont une nouvelle fois au cœur des événements mouvementés qui agitent Buckeye City.
Le côté génial de ce roman, c’est que l’on connaît le meurtrier et son mobile, mais que chaque chapitre nous rapproche de son identité complète et de sa motivation initiale. Stephen King pose de nombreux pions et les déplace habilement jusqu’à la configuration finale. Plusieurs projets criminels entrent en collision : peuvent-ils s’annuler ou multiplieront-ils les victimes ? Une nouvelle fois, l’auteur parle d’alcoolisme et de dépendances en tout genre, avec lucidité, humilité et bienveillance. Et Dieu sait qu’il connaît son sujet, le King ! « L’idée que le meurtre puisse être une forme d’addiction le pétrifie. » (p. 131) Je comprends pourquoi Holly Gibney est un des personnages préférés de Stephen King : depuis son apparition dans Mr Mercedes, elle me touche profondément par son manque de confiance qui n’a d’égal que ses compétences hors du commun. Ce nouvel opus dont elle est l’héroïne est de très bonne facture, sans être un des meilleurs romans de King. Il se lit avidement et avec plaisir, et c’est souvent tout ce qu’on demande à un bon gros bouquin.































