
Bande dessinée de Xavier Dorison et Félix Delep.
Tome 1 : Miss Bengalore – Tome 2 : Les marguerites de l’hiver – Tome 3 : La nuit des justes
Pour apaiser la colère des animaux, Silvio a accepté de se soumettre à un vote. Il n’y a que deux candidatures, la sienne et celle de Miss B. Si la seconde fait des promesses simples et équitables, le premier flatte tous les égos, exacerbe la discorde et se prête à toutes les bassesses pour remporter le scrutin. Conseillé par Bella, la mère de ses veaux, il n’entend pas que le résultat des urnes lui soit défavorable. « Je veux qu’on m’aime ou bien c’est moi qui ne vous aimerai plus. » (p. 13) Face au pragmatisme et à la justice sociale prônés par Miss B et aux promesses fallacieuses et mirobolantes de Silvio, les animaux savent surtout qu’ils doivent choisir ce qui leur évitera des représailles. Mais, enfin, les mensonges du taureau ne prennent plus et son odieux pacte avec les humains est dévoilé. La libération est proche, mais les malheurs n’ont pas fini d’endeuiller le château.
J’ai éprouvé un authentique et profond chagrin en lisant le dernier tome de cette admirable bande dessinée : un personnage connaît une fin tragique et noble, mais foncièrement injuste. Cette œuvre politique est dure et profondément lucide. La joliesse des animaux, comme celle de l’adorable César, lapin gigolo, ou des petits de Miss B. n’efface pas la réalité cruelle de la dictature. « Que je sache, on n’a jamais rien reconstruit avec de la colère. » (p. 84) Alors, oui, résistons toujours à l’oppression et à l’iniquité !































