
Bande dessinée de Benjamin Laurent et Claire Martin.
Garance est la meilleure accoucheuse de Cologne et nombreux·ses sont celleux qui vantent ses talents de guérisseuse. Alors qu’elle forme Justina, son assistante, elle perçoit un changement dans l’attitude générale envers sa profession. L’inquisition en a après les « ventrières » et n’hésite pas à les qualifier de sorcières. Prudente, Garance se plie à toutes les règles, même celles qui compliquent son travail et ne reposent que sur la superstition et la haine virulente de l’Église. « La discrétion, c’est le seul moyen de ne pas avoir de problème et d’assurer notre mission auprès de celles qui comptent sur nous. » (p. 14) Les procès en sorcellerie se multiplient dans la ville et Garance assiste impuissante à la mise à mort de ses compagnes innocentes de tout crime, si ce n’est celui d’avoir assisté les femmes, les mères, les accouchées. « Quand une femme souffre, il est de notre devoir de lui venir en aide, même c’est contraire aux règles ! » (p. 35)
Cette bande dessinée se fonde sur un substrat historique riche et documenté, comme en témoigne le cahier thématique en fin d’ouvrage. Difficile de ne pas s’attacher à Garance, Justina, Adélaïde ou encore Elsa, épouse d’un général de l’Empereur qui est contrainte de dissimuler sa grossesse. Et pourquoi ce titre ? C’est le nom longtemps donné à la belladone, plante qui soulage les douleurs, mais peut aussi faire avorter. Ce que je retiens surtout de cette courte lecture, c’est que nous, femmes, nous n’en finirons jamais de nous battre pour conserver ou acquérir des droits, notamment celui de disposer de notre corps.





























