
Roman de Michael Pedersen. À paraître le 27 août 2026.
L’île de Muckle Flugga est la plus septentrionale du Royaume-Uni. Son phare est géré par le Père, un homme aride à la tendresse depuis la disparition de la Mère. « Un gardien irascible, détruit par le chagrin, avec une vipère dans la gorge et un penchant de soldat brisé pour le whisky. » (p. 54) Le fils, Ouse, endure patiemment les colères paternelles, s’échappant dans de longues lectures, des tricots extraordinaires ou des conversations avec le fantôme de Robert Louis Stevenson. Arrive Firth, écrivain désespéré, à bout de vivre, qui s’est promis de finir ses maigres jours dans l’île. Fasciné par le talent du jeune garçon, Firth s’engage dans un âpre combat avec le Père : il s’agit d’offrir à Ouse une autre vie que celle à laquelle il semble voué à Muckle Flugga. « L’administration d’un phare et de son île est une vie où la servitude l’emporte sur le sentiment, pleine d’émerveillement, pourtant souvent douloureuse. » (p. 19)
Un rugissement ! Celui des vagues et du vent, ceux du Père qui gesticule dans son deuil inassouvi, celui de cette lumière si précieuse pour les navigateurs égarés, mais aveuglante pour quiconque s’en approche trop. Ce roman n’a rien de doux, il est rude et il malmène ses personnages, mais ceux-ci ont des ressources insoupçonnées. Firth s’est détourné d’Édimbourg, mais la ville devient le nouveau phare d’Ouse, et le Père agrippé à sa fonction n’a pas dit ses derniers mots face à l’administration lointaine. Je ressors de ces pages avec des embruns plein les yeux et l’envie d’enlacer une autruche. Oui, une autruche…





























