Auprès de moi toujours

Roman de Kazuo Ishiguro.

Kathy, Ruth et Tommy ont grandi ensemble à Hailsham, une école perdue dans la campagne anglaise. Leur enfance a été merveilleuse, entourée de tous les soins les plus attentionnés de la part de leurs gardiens. Élevés dans l’idée que leur existence était un bien précieux, non seulement pour eux mais également pour le monde dans lequel ils entreraient, ils savent que le but de leurs vies sera les dons qu’ils feront. Devenue adulte, Kathy est accompagnante. Elle se remémore tout ce passé idyllique. Chaque plongée dans ses souvenirs soulève de nouvelles questions. Elle se rappelle de Madame qui prenaient leurs plus beaux dessins pour sa Galerie, de Miss Lucy qui semblait avoir tellement à raconter sur Hailsham et leur présence en ses murs. Toute sa vie d’adulte et toute son identité sont pétries des certitudes qu’elle et ses amis avaient acquis à Hailsham. Mais ces certitudes s’effondrent quand Hailsham ne tient plus ses promesses.

Très difficile de résumer ce livre sans dévoiler l’essentiel de l’intrigue. Le mystère qui entoure Hailsham et ses précieux pensionnaires mérite d’être préservé. Le personnage de Kathy est un narrateur habile. En une phrase, elle laisse supposer des mystères et des révélations incroyables: « Ce que je voulais vraiment, je suppose, c’était mettre au clair tout ce qui s’est passé entre moi, Tommy et Ruth après que nous avions grandi et quitté Hailsham. Mais je me rends compte à présent qu’une part importante de ce qui s’est produit par la suite a découlé de notre vie à Hailsham, et c’est pourquoi je veux d’abord passer en revue très attentivement ces souvenirs de jeunesse. » (p. 64)

Le cheminement erratique d’un souvenir à l’autre, en passant d’une association d’idées à une autre, dévoile avec précaution et finesse le fin mot de l’intrigue. L’histoire est bien construite et les personnages sont attachants et effrayants à la fois. Le titre de l’histoire (Never Let Me Go dans la version originale) est prétendument celui d’une chanson de Judy Bridgewater, chanteuse aussi fictive que l’est la chanson. Fictif, c’est exactement le sujet de ce roman d’anticipation dont on ne peut s’empêcher de se demander s’il ne contient pas un peu de vrai.

C’est une très agréable lecture que je conseille aux amateurs de science-fiction : ils seront surpris !

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