
Roman de Michael McDowell.
Dean Howell est défiguré par l’explosion d’un fusil alors qu’il s’exerçait dans un camp militaire avant de rejoindre le Vietnam. Désormais, Sarah passe des journées épuisantes entre la ligne de montage de l’usine d’armes où elle travaille et les soins qu’elle doit prodiguer à son époux invalide et amorphe. « Elle savait […] qu’elle serait soumise à une épreuve pire peut-être que la mort de Dean : un veuvage permanent dans lequel il lui faudrait supporter pour toujours le corps de son mari à ses côtés. » (p. 120) À cela s’ajoute la compagnie détestable de Jo, sa belle-mère, femme odieuse et paresseuse qui accuse toute la ville d’être responsable de l’état de son fils. Aussi, quand commence une abominable série de morts, Sarah comprend que Jo n’y est pas pour rien et qu’elle doit récupérer l’étrange amulette de sa belle-mère. « Quelque chose s’est forcément passé, même si on n’arrive pas à deviner quoi. » (p. 105) Le bijou funeste semble révéler les frustrations les plus profondes de celleux qui le portent et les transformer en folie assassine : il est le témoin imprégné de malheur d’un sinistre jeu de relais.
Dans son premier roman, Michael McDowell s’en est donné à cœur joie avec le macabre, et ce jusqu’au grotesque tant les morts sont sanglantes et éclaboussantes. Le texte se lit très vite et sans déplaisir, mais il souffre de nombreuses répétitions et effets dilatoires inutiles. La conclusion, bien que prévisible, reste un moment parfaitement jubilatoire. Un autre défaut de ce roman est le caractère unidimensionnel de Jo : les autres méchant·es de l’auteur ont davantage de profondeur. Cette femme tyrannique est mauvaise, menteuse, impatiente et rien ne rattrape son caractère. En contrepoint, Becca, l’amie si fidèle de Sarah, est bien dépeinte : elle est généreuse et joyeuse, mais aussi superstitieuse et parfois chipie. Je suppose que la caractérisation de Jo est pensée pour nous la faire haïr dès les premiers mots, mais tout de même, un peu de nuance… Je continuerai à lire les textes de McDowell, ils restent de très bons divertissements d’horreur. Pas tout à fait au niveau de Stephen King, mais il ne peut y avoir qu’un roi en la matière !
Évidemment !!!
Le King reste le king !