Les âmes féroces

Roman de Marie Vingtras.

Le corps de Leo, 17 ans, est retrouvé dans le fleuve. Qui s’en est pris à cette adolescente calme et discrète ? « Avec le genre humain, on n’est jamais sûr de rien. » (p. 9) Une année s’écoule après le meurtre, quatre saisons racontées par une voix différente. Il y a d’abord la shérif : elle sait ce que le monde peut faire aux femmes, la sienne étant durablement marquée par la rage d’un homme. Suit l’accusé, celui qui a forcément commis le crime : c’est dans sa nature. Ensuite, c’est Emmy, l’amie, la presque-sœur de Leo qui raconte la relation fusionnelle depuis la prime enfance. Enfin parle, le père, désormais seul, pour toujours confronté à l’absurdité de l’absence.

De l’autrice, j’ai préféré Blizzard, mais ce roman reste très fort. Avec les changements de narrateur·ices et les mois qui s’écoulent, le drame s’intensifie alors qu’il a déjà eu lieu : il révèle de terribles pulsions. « Il faut toujours qu’il y ait un sale type pour vous gâcher la vie. » (p. 121) D’un chapitre à l’autre, on voit se dessiner différentes formes de maternité : malmenée, empêchée, coupable, renoncée, refusée, lassée, etc. Toutes renvoient à des enfances blessées. Et Mercy est une ville trop petite pour garder les secrets et protéger les espoirs.

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