La peur

Bande dessinée de Maria Hesse.

L’autrice parle de ses peurs, traumatismes d’enfance ou séquelles d’une relation amoureuse toxique, qui l’entravent et l’alourdissent, parfois jusqu’à l’asphyxie et la dépression. « Il y a des gens qui, si tu regardes bien, sont des démons déguisés en humains. » (p. 78) D’autres peurs s’accumulent avec le temps : vieillir, mourir, être seule, être mère, ne pas être mère, être une mauvaise mère… « La plupart du temps, j’ai appris à cohabiter avec cet être visqueux et pluriel. J’ai même appris à lui faire face. À leur faire face. » (p. 15) Toutes ces peurs, dont certaines n’appartiennent qu’aux femmes, entaillent son quotidien, son esprit et son âme. Des rameaux jaillissent des plaies : ils sont le prolongement des blessures cadenassées et enracinées, mais aussi le jaillissement d’une nouvelle force. Pour se libérer de ses peurs, Maria Hesse comprend qu’il ne faut pas les museler : il faut les écouter pour les faire taire. « J’ai donc décidé de m’aventurer dans la forêt à petits pas, vaincre la peur de la peur, résister à la tentation de me recroqueviller et de fermer les yeux pour me cacher des loups. » (p. 28) L’artiste laisse s’exprimer la bête sauvage en elle, cette force qu’elle a appris à maîtriser et grâce à laquelle elle sait désormais se protéger. L’autrice rappelle aussi l’importance de savoir s’entourer : il y a des combats que l’on ne peut pas mener seul e. « J’ai alors compris qu’une amie, c’est une liane qui sert à s’extraire des sables mouvants. » (p. 138)

L’art puissant de Maria Hesse me touche toujours autant, au croisement de l’onirisme, du gothique, du réalisme magique ou encore du tatouage, avec tant de rappels à l’œuvre si puissante de Frida Kahlo. Les fleurs, les squelettes dansants, les serpents, les corps nus, la végétation inarrêtable, tout concourt à créer un univers graphique que je reconnais immédiatement quand je le vois. Je n’ai pas encore lu les biographies illustrées que Maria Hesse a consacrées à Marylin Monroe et Frida Kahlo, mais je vais rattraper ce manque très rapidement.

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