Un bruit de balançoire

Texte de Christian Bobin.

Le livre s’ouvre sur plusieurs pages manuscrites, de la main même de l’auteur. L’écrivain-poète annonce avoir brûlé son dernier manuscrit. Dans une sorte d’impasse, il reprend la plume pour écrire des lettres à d’impalpables destinataires, des anonymes, des disparu·es et des non-nommé·es qui existent au-delà de toute identité. Dans ses missives, l’auteur déploie merveilleusement une poésie de l’humilité, du petit rien, de l’infiniment délicat. J’y retrouve l’esprit de Saint François d’Assise, que Christian Bobin a célébré dans Le Très-Bas. Et je découvre le moine zen Ryokan, calligraphe et poète, dont j’ai furieusement besoin de lire l’œuvre.

Comme toujours quand je présente un ouvrage de Christian Bobin, je vous laisse avec quelques morceaux de choix.

« Ce qui parle à notre cœur-enfant est ce qu’il y a de plus profond. J’essaie d’aller par là. J’essaie seulement. » (p. 9)

« La vie s’écrit au crayon. La mort passe la gomme. Le poème se souvient. Personne n’a meilleure mémoire qu’un poème. » (p. 14)

« Les grands poèmes se reconnaissent au sourire donné quand on les lit. » (p. 29)

« Le plus long voyage que j’ai fait, c’était dans les yeux d’un chat. » (p. 29)

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