Soif de sang

Recueil de textes de Rivers Solomon.

Dans cet ouvrage, vous trouverez :

  • Une esclave qui se venge de ses maîtres et lève une armée en déchirant la paroi entre les mondes ;
  • Une voix, peut-être celle de l’autrice, qui raconte ce que c’est qu’être noire et queer et de ne pas trouver de représentations positives des femmes racisées en SFFF ;
  • Les souffrances mentales d’une femme queer, noire et mère ;
  • Une étrange matière organique qui semble tout soigner et une nouvelle forme de connexion cérébrale ininterrompue ;
  • Les œuvres d’art dérangeantes d’une gamine fascinée par l’anatomie et les films d’horreur ;
  • Une mère qui retrouve son enfant après l’avoir confié aux soins d’autres personnes ;
  • Une fille prête à tout pour sauver sa mère ;
  • Une enfant à l’origine extraordinaire qui devient une déesse aux nombreuses adeptes.

J’ai découvert l’auteurice avec Model Home, lecture qui reste très vivace dans mon esprit. Dans ce recueil, j’ai retrouvé une esthétique léchée, entre fantastique gore et érotisme mystérieux. Les textes parlent du racisme systémique aux États-Unis, de la maternité des femmes noires et queers, de ce que la société étasunienne fait ou ne fait pas pour protéger cette population, des dangers que courent toutes les petites filles noires dès leur plus âge. Il n’y a pas de complaisance dans ces écrits : Rivers Solomon prend la parole dans certains d’eux et se raconte, sans honte ni tabou. Ses mots sont forts, qu’ils soient fictionnels ou personnels. Jugez-en avec ces quelques extraits qui m’ont percutée.

« Sully, une fille de quinze ans qui avait des crocs dans le cœur. » (p. 7)

« Généralement, quand on détruit l’ordre des choses, la nature aime bien rétablir l’équilibre. » (p. 18)

« L’histoire de la femme-esclave, qui élève les enfants des esclavagistes, que l’on oblige à se transformer en nounou. » (p. 30)

« La représentation culturelle dominante de la femme noire est celle d’une personne anormale. » (p. 38)

« Pour ceux qui, en raison de leur milieu social, n’entrent pas dans le moule de la culturel occidentale blanche, l’existence est un flot incessant de contraintes stressantes. » (p. 39)

« Je suis encore vivante, mais par la peau des dents. » (p. 43)

« Elle ne serait plus une fille avec un corps, elle serait une ligne, et une ligne est comme une corde, et une corde peut étrangler. » (p. 51)

« Le chantage, au fond, ne diffère pas beaucoup de la prison. On peut s’en sortir, mais généralement, il faut saigner un peu. Quand un inconnu vous envoie une vidéo dans laquelle on vous voit en train d’assassiner votre femme, vous n’avez pas le choix, vous devez céder. » (p. 79)

« J’ai trois ans, je n’ai toujours pas de dents, maman m’emmène voir un dentiste, qui me greffe des tessons de verre directement dans les gencives. » (p. 83)

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