Je suis une re-lectrice occasionnelle. J’aime surtout découvrir des nouveautés, continuer d’explorer l’œuvre d’un·e auteur·ice ou plonger dans des genres et des univers nouveaux. Cependant, parfois, j’ai le besoin de revenir à des textes qui m’ont marquée.
Ce n’est pas le premier roman de Curt Leviant que je relis. Après Journal d’une femme adultère, j’ai voulu revenir à cet étrange texte qu’est L’énigme du fils de Kafka (plus d’informations sur l’histoire dans mon premier billet !)
Le plaisir a été aussi intense. J’avais oublié beaucoup des méandres de ce roman à clés où le « et si » est si fécond. L’auteur nous invite à gommer les frontières entre vérité et fiction, bien qu’il s’en défende. « Soit un récit est véridique, soit c’est une histoire. Mais pas les deux à la fois… » (p. 13) L’absurde, l’étrange, le burlesque et l’improbable se conjuguent avec bonheur dans cette fantasmagorie littéraire et historique. Les âges ne sont plus limitants et un père peut être plus jeune que son fils. Aucune filiation n’est impossible si l’on accepte que le temps n’est qu’une construction très fragile. « C’est pour les mythes que nous vivons et mourons. » (p. 302) Quand le roman commence à tirer sur sa fin, le/la lecteur·ice peut choisir le terme qu’il préfère et continuer d’embrasser tous les possibles qu’offre l’imagination.
Voilà une relecture réussie, pour mon plus grand plaisir !