La fille aux cheveux étranges

Recueil de nouvelles de David Foster Wallace.

Petits animaux inexpressifs – Deux enfants sont abandonnés au bord d’une route. « Quand les deux gamins étaient petits, leurs parents les ont abandonnés. Il y avait la fille et son frère, Lunt. » (p. 33 & 34) Des années plus tard, dans un célèbre jeu télévisé, une jeune femme enchaîne les victoires. La raison de son succès ? Avoir été obligée d’apprendre par cœur une encyclopédie quand elle était enfant.

Par chance, l’expert-comptable pratiquait la réanimation cardio-pulmonaire – Dans le parking souterrain d’un immeuble de bureaux, un expert-comptable assiste à la crise cardiaque du vice-président. « Il appliquait la réanimation cardio-pulmonaire, frappait les douces bosses du sternum, et tous les quatre coups alternait en insufflant de l’air entre les lèvres pleines mais faiblement bleutées du vieux cadre. » (p. 73)

La fille aux cheveux étranges – Un groupe de punks se rend à un concert et se défonce au LSD. Parmi eux, « La Vrille a des cheveux uniquement au milieu de sa tête ronde et ils sont sculptés habilement pour avoir la forme d’un pénis d’homme géant en érection. » (p. 81) Mais ce ne sont pas ces cheveux qui sont l’objet de toute l’attention du groupe.

Lyndon – « Je m’appelle Lyndon Baines Johnson. Et le sol que vous foulez est à moi, bordel. » (p. 103) Ainsi s’ouvre l’entretien d’embauche que fait passer le sénateur Johnson à Dave Boyd. Alors que le sénateur devient président des États-Unis, tout le monde s’interroge sur la fulgurante ascension du jeune homme préposé au courrier, devenu le plus proche conseiller de l’époux de Lady Bird.

John Billy – C’est l’histoire de Chuck Nunn Junior, héros local qui a brillé du collège à la guerre du Viet-Nam. Mais toute gloire se passe. « Nunn, lui, le jour de sa déchéance, ça a été quand il a plu des moutons. » (p. 169)

Ici et là-bas – Dans une narration à deux vox, un couple évoque ses problèmes devant un thérapeute. Bruce est obsédé par son travail de recherche et son amie se sent délaissée. Mais Bruce l’aime pourtant. « Et l’endroit où vous voulez ‘emmener’ bien cette fille un jour ? Et pourquoi est-ce seulement au moment où elle est ailleurs à jamais qu’elle devient cet endroit dont la perte évoque des images de décapitation et de blessure ? » (p. 208)

Tout est vert – Un matin, Mitch annonce peu ou prou qu’il n’en peut plus de l’existence qu’il mène avec Mayfly. « Mais maintenant, j’ai le sentiment que je vais tout entier dans toi et que il n’y a plus rien de toi qui revient. » (p. 296)

Ces nouvelles sont étranges, entre langue absurde et langue hypnotique. Il est très difficile de savoir où l’on avance à mesure que l’on tourne les pages. Sans remettre en question le travail du travail, il me semble que ce livre est de ceux qu’il faut lire en version originale. Je n’ai pas fini la lecture de ce recueil. Je reprendrai peut-être plus tard les nouvelles ‘Mon image’, ‘Dire jamais’ et ‘Vers l’ouest fait route la trajectoire de l’empire’. L’impression générale que me laisse ce recueil est celle d’avoir côtoyé un génie et un très grand auteur. Et comme souvent dans ce genre de rencontre, je me suis sentie trop petite pour saisir la pleine mesure du talent qui m’était présenté. Et zut, c’est agaçant !

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