Opium

Roman de Maxence Fermine.

Pour honorer une promesse faite à son père et pour poursuivre l’héritage familial, Charles Stowe quitte l’Angleterre pour la Chine afin de percer les secrets du thé. De ce « voyage vers l’impossible » (p. 29), il espère rapporter des pieds de thé blanc, ce breuvage si rare, si précieux, si parfumé et si mystérieux, traditionnellement réservé à la seule consommation de l’Empereur. Mais au 19° siècle, la Chine est un pays fermé aux étrangers et la production du thé est contrôlée par Lu Chen, un homme dont personne n’a jamais vu le visage, sauf au prix de la vie. « Au-delà de ces montagnes, il y a de quoi étancher la soif du monde entier. […] C’est là-bas que vit Lu Chen, le véritable maître du thé. Mais il est absolument impossible de le rencontrer. » (p. 65)

Mais Charles Stowe décide de braver l’impossible. Le thé n’est plus sa seule motivation. Il y a Loan, superbe femme tatouée d’une fleur d’opium. Pour elle, Charles est résolu à défier Lu Chen. Auprès d’elle, il découvre l’amour et l’autre secret du thé, un secret politique : l’opium. « L’opium, c’est très doux et terrible à la fois. Un peu comme l’amour. […] L’opium, c’est un amour qu’on ne choisit pas. » (p. 88 & 89) Indifférent au danger, l’Anglais s’enfonce dans les profondeurs du pays et remonte jusqu’aux sources du fleuve vert, désireux de percer tous les secrets du thé. « Toute la Chine est un danger lorsqu’on est un étranger. » (p. 77)

Opium se compose de chapitres très courts, si courts qu’ils ne sont souvent que des pages. Ce découpage et l’histoire m’ont souvent rappelé Soie d’Alessandra Baricco, la subtilité en moins. Le thé est un breuvage d’excellence et un élixir mystérieux. Il aurait mérité d’être le seul sujet de ce roman et non d’être détrôné par l’opium qui a déjà fait couler des fleuves d’encre. Avec ses mille parfums et ses innombrables subtilités, le thé offre une palette gustative et sensuelle que j’aurais aimé voir mise en valeur. Comme Charles, j’aurais aimé comprendre que le goût du thé, c’est « le goût des ennuis » (p. 11), parce qu’avec l’opium, c’est bien trop évident. Finalement, la conclusion est trop facile et le dénouement vraiment attendu. Cela gâche une belle histoire et fait sonner faux et creux une philosophie très banale et sans profondeur.

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