Le livre de Dina – Trilogie

Romans d’Herbjorg Wassmo.

ATTENTION – Je résume les trois tomes en même temps, vous risquez d’en apprendre plus que vous le souhaitez…

C’est dans les années 1830, à Reinsnes, ville du cercle polaire norvégien, que vit Dina. Sans le vouloir, quand elle n’avait que cinq ans, elle a tué sa mère. Depuis, enfermée dans le silence, elle porte en elle ce fantôme. Elle grandit presque comme une enfant sauvage, dure et têtue envers tout ceux qui voudraient l’approcher. « Aucune limite n’existait pour Dina. […] Elle ne craignait le jugement de personne. […] En un éclair, elle saisissait une situation et agissait en conséquence ! Et […] elle avait un talent inné pour retourner sur les autres ce qui la frappait elle-même. » Quand elle épouse Jacob Gronelv, tout le monde pense que Dina va enfin s’assagir et devenir plus fréquentable. Mais Dina n’en fait jamais qu’à sa tête. « Il était inconvenant qu’une si jeune femme ne fasse pas ce que l’on attendait d’elle. » Quand elle devient veuve, meurtrière, mère et de nouveau muette, tout ça en presque une seule nuit, il est désormais évident que Dina restera indomptable et indépendante. Avec son cortège de fantômes et son violoncelle dont la musique fait presque trembler les murs de Reisnes, elle est maîtresse de son destin et ne se cache pas d’aimer qui elle veut. Son aura immense fait oublier ses excentricités. « Ce qu’on avait à faire, on le faisait. Sans demander de conseil à personne, tant qu’on pouvait se débrouiller seule. » Partout, on s’étonne que Dina Gronelv vive avec le fils de son mari décédé et ses enfants adoptifs. On ne comprend pas qu’elle ait embauché une Lapone comme nourrice pour son fils. Pourtant, on respecte son sens des affaires, son intelligence des chiffres et sa rigueur. Dina n’est pas une mère conventionnelle pour Benjamin, petit garçon qui grandit dans la soif constante d’un geste de tendresse. L’arrivée de Léo Zjukovskij, beau Russe aux activités obscures, contrebandier autant que poète, ébranle la puissante Dina : peut-elle accepter de laisser son cœur la guider ?

J’ai relu cette trilogie pour découvrir ses suites (Fils de la providence et  L’héritage de Karna) et je n’ai pas boudé mon plaisir. J’avais le souvenir d’une héroïne aussi attachante que terrifiante et c’est bien elle que j’ai retrouvée. Dina est un personnage remarquablement construit. Pour parler rapidement, je pourrais dire qu’elle est une femme forte, mais elle est plus complexe que cela. Son sens aigu de la justice n’appartient qu’à elle, mais ses règles font loi dans son univers. « C’était toujours comme ça avec Dina. Elle fonçait comme un requin et frappait par tous les moyens là où l’on s’y attendait le moins. » Dina est capable de l’érotisme le plus sauvage et le plus bouleversant : c’est la preuve de sa sensualité affirmée et sans honte, mais aussi sa façon de lutter contre sa terreur d’être abandonnée. Dina, ceux qu’elle aime, elle les veut auprès d’elle pour toujours.

Je me lance sans attendre dans la duologie consacrée à Benjamin !

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