Le renard

Roman de Pauline Harmange.

Lors de la traditionnelle promenade dominicale en famille, la narratrice décide d’emprunter un chemin inexploré. La voilà dans la forêt, rapidement désorientée et assaillie d’angoisses légitimes. « C’était pour éviter de donner à mes parents la possibilité de m’abandonner qu’il me fallait à tout prix les retrouver. » (p. 32) Rejointe, ou plutôt guidée par un renard dans les méandres de ces espaces inconnus, la jeune fille avance en convoquant des souvenirs. Sur les pas du duo improbable, nous explorons ainsi la petite existence d’une humaine qui a déjà croisé de multiples prédateurs. « Il n’était pas très grand, mais il m’a quand même laissé l’impression d’une fatalité. Il était inévitable, toujours il me guettait. » (p. 60) À mesure des embûches semées par l’obscurité forestière, la presque femme retrouvera-t-elle son chemin, voire sa place dans le si grand monde ?

Peu de pages, des mots choisis, des phrases ciselées, et une fois encore, Pauline Harmange délivre une histoire puissante qui me parle au cœur et qui, à sa façon, le soigne. « Une femme seule dans une forêt. C’est trop de liberté, c’est presque obscène, qu’est-ce qu’elle a à faire entre les arbres et les fourrés ? La scène a quelque chose d’une chasse aux sorcières oubliées. J’ai rendez-vous avec l’occulte, il faut à tout prix m’empêcher. » (p. 51) Dans la forêt, lieu hautement symbolique des contes, l’autrice invite son héroïne et son lectorat à se confronter à l’inconnu et à faire confiance au changement. Le renard, c’est aussi un texte qui parle de libération et de découverte de soi. Bref, un roman initiatique parmi les meilleurs que j’ai lus.

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