Manuel d’économie ménagère et domestique à l’attention des féministes

Texte de Sandrine Goeyvaerts. Illustrations de Lubna Le Bail.

« Le propre du féminisme est de libérer toutes les personnes qui subissent des oppressions. » (p. 22)

Femmes de tous les pays, ici, vous apprendrez les bienfaits de la misandrie et du féminisme. « Être misandre, c’est un geste d’hygiène de base, pour soi. Au même titre que le brossage de dents ou qu’avoir une alimentation variée, c’est un atout santé évident. » (p. 11) Vous serez invitées à pratiquer différents exercices d’affirmation et de protection. Pour lutter contre le patriarcapitalisme, le validisme et plus généralement l’hégémonie masculine blanche, on n’a pas fait mieux que la solidarité, l’indépendance financière, l’autodéfense et/ou l’adoption d’un chat. Comme l’autrice, je pousse de la fonte, et ce n’est pas uniquement pour renforcer mon dos fragile… Les méthodes pour se débarrasser des importuns sont simples, efficaces et détaillées selon leurs bénéfices et leurs inconvénients, notamment écologiques. Oui, on voudrait tout cramer, mais bonjour notre bilan carbone ! Avec ce livre, on apprend à bien faire le ménage, et il ne s’agit pas de traquer le moindre grain de poussière…

Derrière l’humour jubilatoire et le trait forcé à l’extrême, il y a du sens : la légèreté du ton est le tremplin vers la réflexion. Ce que prône Sandrine Goeyvaerts, ce n’est finalement que du bon sens, et si certains propos sont choquants, c’est pour réveiller les esprits. D’aucuns diraient que tout cela est assez maternaliste : ils auraient raison, et ce serait fort agréable que l’autrice soit notre sainte mère à tous·tes. « Le simple fait d’exister dans nos corps différents est déjà un acte de résistance. » (p. 41) Oui, évidemment, il s’agit d’un texte au second degré, mais thermostat 6 quand même… Sandrine Goeyvaerts est en fait une philosophe en platform boots et adepte du high kick à la jugulaire. Cultiver son jardin, c’est une bonne chose, surtout quand il est possible de faire du compost avec à peu près n’importe qui… « Entretenez vos outils : une bonne pelle, ça n’a pas de prix. » (p. 74)

Les illustrations de Lubna Le Bail nous présentent de mignonnes petiotes en robe vichy et socquettes à volants, mais ne vous y trompez pas, ces mômes sont féroces ! Et c’est exactement ce que chacune d’entre nous doit s’attacher à devenir, dans la mesure de ses moyens. « La modestie n’est assurément pas une qualité à exacerber en compagnie des hommes. » (p. 56) Voilà encore un ouvrage à ranger sur mon étagère de lectures féministes.

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