Jim Morrison & The Doors

Album de photographies par Henry Diltz.

Jim Morrison, ce n’est pas que ce portrait si troublant…

En 1969, Henry Diltz a réalisé la pochette de l’album Morrison Hotel. Pour ce faire, il a suivi les Doors à Los Angeles, puis à Venice Beach. Dans cet album photo, seuls quelques clichés montrent le groupe sur scène. Le reste, ce sont des photos en cascade pour la pochette de l’album et des prises de vue dues au hasard et aux rencontres. En noir et blanc ou en couleur, j’ai découvert un groupe et, surtout, un homme fragile et humain.

La beauté animale de Jim Morrison tend à s’effacer. Le jeune premier fait place à l’homme mur, plus tourmenté que jamais, mais serein. On est loin des excitations et des prestations orgiaques qui lui ont valu des démêlés avec la justice. « Jim était un homme beaucoup plus calme que la plupart des gens pouvait le penser. C’était un rêveur et un poète. Il observait et écoutait. Il y avait beaucoup de choses derrière ses yeux clos. » (p. 82)

Les photos et les sublimes portraits d’Henry Diltz montrent Jim Morrison comme faisant partie d’un groupe. Ray Manzarek, Joe Densmore et Robby Krieger partagent l’image avec lui, sans rivalité ni préséance. L’icône rock et sensuelle s’efface. On a l’impression d’assister à la virée d’une bande de potes. Même si les photos sont posées, voire mises en scène, elles n’ont rien d’artificiel.

À la mesure de l’économie des textes et des commentaires d’Henry Diltz, certaines photos sont presque impalpables, irréelles, inexistantes… Juste un reflet, un profil qui s’estompe, qui se refuse. Et c’est là que l’on rencontre vraiment Jim Morrison, loin des scènes et des folies. « Jim était vraiment un poète. Il ne parlait pas beaucoup. Il était tranquille. C’était un contemplatif et un rêveur. Lorsque je le photographiais, il parlait rarement. Parfois, il ne me remarquait pas, et parfois il me regardait de telle façon qu’il m’était impossible de deviner à quoi il pensait. Comment aurait-on pu savoir ? » (p. 112)

Est-il vraiment besoin de dire combien cet album de photographies m’a émue ? Jim Morrison est plus beau que jamais, plus vrai aussi. Ni encensé, ni mythifié, il est simplement le chanteur des Doors, un groupe que l’on découvre réellement uni et dont les membres sont complices. Henry Diltz, dans des photos anodines, sans prétention mais d’une puissance éblouissante, a saisi une vérité touchante et immortelle.

À la suite de mon billet sur Bob Dylan, Real Moments de Barry Feinstein, le directeur des éditions Premium m’a proposé de recevoir cet ouvrage sur Jim Morrison et les Doors. Un but : me faire changer d’avis sur le rapport de Jim à l’objectif. Pari réussi !

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