Elle[s] – Alice, Charlotte et Renaud

Bande dessinée de Bastien Vivès.

Alice et Charlotte sont super copines. Mieux, elles sont amies. De retour de vacances, leur première préoccupation est de trouver des fringues géniales pour la grande fête qui se profile. D’un magasin à l’autre, Charlotte s’étonne de voir un garçon, le nez dans un livre, toujours derrière elle. Mais Renaud a l’air d’un type sympa et inoffensif. Sans ambages, Alice l’entraîne à la fête. Puis, c’est Charlotte qui l’invite à passer un week-end en Bretagne avec d’autres amis.

Alice arbore une poitrine exagérément opulente alors que Charlotte est toute en finesse. Mais c’est autrement qu’elle exagère : elle est belle et elle se donne à tout va, à tous les garçons qu’elle croise. « Tu ne peux pas embrasser le premier mec qui est sympa avec toi juste parce qu’il est sympa avec toi. Après, on sait comment ça va finir. » (p. 90) Logiquement et systématiquement, ses histoires d’amour sont foireuses, mais elle recommence.

Renaud est le personnage que j’ai préféré. Dès le début, on le sent en retrait, en décalage. Il n’a rien de commun avec les étudiantes un peu folles qui ne pensent pas à demain. Sa curiosité reste respectueuse et il ne cède pas aux charmants atouts qu’Alice balance sous ses yeux. « Parfois, je me dis qu’en fait, c’est juste un amas graisseux avec un téton… et ça me fait quand même péter un câble. » (p. 49) Plus âgé que les deux amies, Renaud est un jeune homme sensible et renfermé. Pas vraiment beau, un brin empoté, il est particulièrement touchant dans la réserve qu’il témoigne.

Comme dans Amitié étroite, Bastien Vivès clôt son album sur une fin très ouverte. Ce jeune dessinateur est décidément très doué pour peindre les relations troubles des jeunes adultes. Au-delà du sexe, de la rigolade et de la jeunesse facile, cet album évoque les fêlures que chacun porte en soi, celles qui constituent davantage une identité que les forces. Le personnage de Charlotte m’a rappelé la jeune fille de Dans mes yeux, un peu perdue et si prête à aimer.

Une nouvelle fois, Bastien Vivès propose une belle histoire qui me parle et m’émeut. Mais cet album n’est pas mon préféré : j’y ai senti la jeunesse du dessinateur. En comparant avec ses autres productions, j’ai mesuré le travail et les progrès qu’il a accomplis.

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