L’auberge du bout du monde, l’intégrale

Bande dessinée de Patrick Prugne (dessins) et Tiburge Ogier (scénario)

Première partie : La fille sur la falaise

L’écrivain Edgar Saint-Preux cherche un lieu calme pour retrouver l’inspiration. L’auberge du bout du monde lui semble parfaitement propice à la reprise de ses travaux d’écriture. « N’est-ce pas un lieu à faire froid dans le dos, une véritable source d’inspiration ? » (p. 10) Et l’aubergiste lui offre le récit d’une vieille histoire de la région. Soixante ans plus tôt, en 1822, la femme de l’ancien aubergiste a été assassinée et leur fille Iréna a disparu. Mais l’affaire est rapidement close et le village de Trébernec reprend le cours de son existence. Les habitants traversent les années sans souci. « Nous avions la conserverie qui faisait travailler tout le canton et nous préservait de la misère. » (p. 27) Mais l’aubergiste Gaënec n’a jamais perdu espoir de revoir sa petite fille. Onze ans après la disparition de l’enfant, une jeune femme muette frappe à sa porte et l’aubergiste reconnaît Iréna. Elle fait montre d’un étonnant talent de guérisseuse, mais certains villageois voient en elle une incarnation du diable, d’autant plus que de curieux petits animaux la protègent.

Deuxième partie : Des pas sur le sable

Iréna et Yann se sont retrouvés, mais la jeune femme ne parle toujours pas. Pendant ce temps-là, les disparitions de villageois se multiplient et ceux qui reviennent sont profondément différents. D’un simple geste, Iréna les ramène à eux-mêmes. Et elle dit ses premiers mots pour raconter ce qui lui est arrivé quand elle était enfant, sur l’île aux esprits. « Le malheur n’est pas là-bas, mais ici, dans ce village. Je ne sais pas si le mal qui ronge le pays sera vaincu, mais la vieille sorcière m’a donné la force de le combattre. » (p. 93) Irena est donc revenue au village pour le protéger et venger sa mère, mais de qui ? Alors que la conserverie fonctionne de plus belle, les disparitions continuent et le village vit dans la peur.

Troisième partie : Les remords de l’aube

Monsieur de Baronie est toujours à la tête de la conserverie et il emploie des bagnards accusés d’être des révolutionnaires. Et la mystérieuse épidémie ne cesse de se répandre. « Bien des choses liaient cette sordide usine à l’étrange maladie ! J’ai noté que selon vos dires, seuls les ouvriers de la conserverie, ainsi que les pêcheurs qu’elle sous-traitait, souffraient tôt ou tard de ces maux. » (p. 103) Nul ne sait d’où vient la maladie. Mais Iréna dissimule toujours des secrets et refuse de parler des monstres qui ont attaqué ses amis sur la plage. C’est l’usine qui déchaîne la colère des créatures de la mer : en vidant les eaux de tous les poissons et en exploitant les hommes, la conserverie est devenue un monstre dirigé par une autre créature infernale. Iréna et Yann se dresseront contre cette folie, mais il est des horreurs qui marquent durablement un pays.

Cette bande dessinée allie des légendes bretonnes et des récits exotiques avec une réussite certaine. Comme souvent, le principe du narrateur qui livre son secret à un inconnu dissimule une entourloupe qu’il est toujours plaisant de déceler. Patrick Prugne dessine la Bretagne avec des aquarelles et des marines qui ne déplairaient pas aux maîtres du genre. Cet ouvrage est à la fois beau et bien construit : un vrai plaisir de lecture !

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