Lettre à mon ravisseur

Roman de Lucy Christopher.

Alors qu’elle attendait la correspondance de son avion pour Bangkok, Gemma est enlevée, volée par Ty. L’adolescente anglaise se réveille au milieu du bush australien : à perte de vue, le sable rouge, et pas une route ni une ligne électrique. Londres est à des milliers de kilomètres et s’enfuir est suicidaire. Gemma refuse d’accepter la situation : même si Ty ne lui veut visiblement aucun mal et affirme l’avoir libérée, elle reste accrochée à l’espoir de retrouver sa famille et ses amis. « J’ai tout fait en fonction de toi, j’ai mis les bouchées doubles pour tout terminer afin de te sauver au plus vite. » (p. 130) Comment quitter le désert brûlant et échapper à l’emprise de ce jeune homme mystérieux ?

Par la lettre qu’elle adresse à Ty, on comprend que Gemma n’est plus captive. L’autrice explore le mécanisme complexe du syndrome de Stockholm, mais elle le mélange à l’attirance que l’adolescente ressent pour le beau Ty. « Le bleu profond de tes yeux refermait des secrets, je les voulais. » (p. 8) C’est précisément ce qui m’a dérangée pendant ma lecture. J’ai le sentiment que l’autrice romantise l’enlèvement et la détention de la jeune fille. Ce récit n’est pas une dark romance ni une énième réécriture du pauvre cliché littéraire qu’est le « haters to lovers », mais je ne sais pas s’il n’est pas aussi dangereux et ambigu. Je ne suis très certainement pas le public cible pour ce texte, mais il est certain que je ne le recommande pas.

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