Wayward Pines

Romans de Blake Crouch.

Présentation des 3 tomes de la trilogie, sans (trop) de spoilers.

Livre 1

Ethan Burke se réveille après un accident de voiture à Wayward Pines, « la quintessence de l’Amérique, une petite ville paisible, cernée par l’un des paysages les plus stupéfiants qu’il ait jamais vus. » (p. 25) La bourgade est superbe, c’est indéniable, mais Ethan ne comprend pas pourquoi le shérif ne lui rend pas ses affaires et pourquoi il ne peut pas joindre sa femme et son fils à Seattle. Le comportement des habitant·es est très étrange, entre peur et résignation .« Il savait bien que les ténèbres régnaient partout où les hommes se rassemblaient. Le monde était ainsi fait. […] Cette apparente perfection était superficielle. L’épiderme. Il suffisait d’entailler quelques couches pour voir apparaître des motifs plus sombres. » (p. 26) Peu à peu, Ethan comprend qu’il est impossible de quitter Wayward Pines : le paradis américain est une forme très spéciale de prison dorée. « Plus on en sait, plus ça devient étrange… et moins on en sait. » (p. 123)

Je connais cette trilogie pour avoir vu l’adaptation télévisée créée par Chad Hodge : si la saison 1 reprend assez bien le premier tome, la saison 2 est une extrapolation très éloignée (et assez mauvaise) du livre. Si vous êtes fan de SF et d’horreur, cette trilogie littéraire menée tambour battant est faite pour vous !

Livre 2

« Par moment, Wayward Pines semblait presque réelle. » (p. 14) Ethan Burke a enfin accepté la réalité de Wayward Pines et, à la demande de David Pilcher, le responsable de la ville, il a pris le poste de shérif. « À sa connaissance, il était le seul et unique résident de Wayward Pines à connaître la vérité. Son travail consistait d’ailleurs à s’assurer que rien ne change jamais. Maintenir la paix sociale à tout prix par le mensonge. » (p. 16) Mais rapidement, Ethan ne supporte plus que les habitant·es de la ville soient maintenu·es dans l’illusion et soumis·es au projet du mégalomaniaque qui se rêve en sauveur de l’humanité. Chargé d’enquêter sur les dissident·es qui menacent le statu quo, le nouveau shérif décide que le temps des mensonges et de la dissimulation a assez duré, surtout parce que la menace semble s’intensifier à l’extérieur de Wayward Pines. « Je sais ce dont le peuple a besoin. La perfection finirait par rendre fous. Même les villes les plus parfaites dissimulent toujours quelque chose d’affreux. Le rêve n’existe pas sans cauchemar. » (p. 192)

Le rythme de l’intrigue reste aussi soutenu que dans le tome précédent : à la suite des personnages qui sont fort malmenés, il est difficile de reprendre son souffle, entre péripéties terrifiantes et révélations stupéfiantes. Et je ne peux que confirmer que la saison 2 de la série de 2015 a très peu utilisé le matériau d’origine, ce qui est dommage !

Livre 3

David Pilcher n’a pas supporté qu’Ethan Burke révèle aux habitant·es la réalité sur Wayward Pines. Désormais, il ne s’agit plus protéger la ville des menaces extérieures ou intérieures, mais uniquement de survivre face aux créatures qui envahissent les rues. La terreur est palpable et l’air est saturé de mort et de souffrance. Ethan ne pense qu’à protéger son épouse et son fils, mais les erreurs de son passé ne cessent se rappeler à lui. « Merde, j’ai tout bousillé. Avec mon travail. Avec Kate. Avec mes blessures de guerre jamais guéries, jamais soignées. Mais j’essaie, Theresa. Depuis que je me suis réveillé dans cette ville, j’essaie. J’essaie de te protéger, toi et Ben. J’essaie de vous aimer le mieux possible. J’essaie de faire les bons choix. » (p. 206) Une question terrible se pose désormais : est-il possible de rester à Wayward Pines et, si non, où aller ?

La fin de ce dernier tome et de la trilogie est à mon sens totalement illogique et bâclée : elle ne respecte pas les règles établies précédemment dans l’intrigue. En voulant effectuer une pirouette qui propose un dénouement ouvert, l’auteur sabote son propre univers. C’est vraiment dommage et cela gâche une expérience de lecture parfaitement positive jusqu’aux 10 dernières pages.

De Blake Crouch, j’ai lu Dark Matter et j’ai le vague souvenir d’un paramètre illogique qui m’avait sortie de l’histoire.

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