
Roman de Terry Pratchett.
C’est l’histoire de Suzanne, la petite-fille de la Mort, qui s’ennuie fermement dans son pensionnat pour jeunes filles, en plus de ne pas y trouver sa place. « Elle était brillante comme l’est un diamant, tout en angles et en froideur. » (p. 7) Elle excelle à passer inaperçue et s’interroge sur les étranges choses qu’elle seule peut voir ou entendre. L’hérédité la rattrape : puisque la Mort est toujours en pleine réflexion existentielle et délaisse sa tâche, il faut bien que Suzanne assure l’intérim de son papy, aidée de la Mort aux Rats, d’un corbeau, du ronchon Albert et du fidèle cheval Brigadin. Et comme papy, elle est souvent bien en peine de comprendre ce qui anime les êtres humains. « Elle s’était résignée à la bêtise incorrigible de la majeure partie de l’humanité, en particulier celle qui se rase debout le matin. » (p. 177)
Non, en fait, c’est l’histoire d’un humain, d’un nain et d’un troll qui entrent dans un bar et qui donnent un concert qui retourne tout, le premier concert de roc. « La musike… est dans les pierres […]. Il suffit de la laisser sortir. Il y a de la musike dans tout kand on sait la trouver. » (p. 35) Kreskenn, l’humain, tire d’une étrange guitare des notes nouvelles et renversantes. Le roc se répand, contamine les foules, tout le monde veut en faire ! « Ce n’est pas normal ! […] Ce n’est pas conforme aux lois de l’acoustique ! » (p. 154) Le hic, c’est que Kreskenn, dit Buddy, est mort. Pourquoi est-il toujours debout et pourquoi Suzanne ne vient-elle pas le chercher ?
Oh, quel régal que ce tome 16 des Annales du Disque-Monde ! C’est joliment foutraque, résolument rythmé et drôle ! La Mort est, après Nounou Ogg, mon personnage préféré ! Le voir s’engager dans la Légion étrangère klatchienne est un rebondissement délectable : il serait dommage de ne pas se moquer un peu des troufions au front bas et à la vue courte. Je progresse doucement dans ce cycle fantasy fleuve et je me régale à chaque lecture.