
Suite de Chien 51.
Roman de Laurent Gaudé.
Zem Sparak est toujours torturé par son passé et ne souhaite que mourir. « Nous nous sommes perdus parce qu’ils ont acheté la Grèce et l’ont vendue par bout. Ils en ont fait une poubelle. » (p. 8) Désormais garde du corps de Barsok, il se moque de ce qui peut lui arriver. Salia Malberg a repris son travail dans la police et elle souffre des séquelles de la bastonnade qu’elle a subie. Les deux amis ne se parlent plus, le premier ayant violemment repoussé la seconde. « Est-ce qu’ils sont condamnés, tous les deux, à la solitude ? À se laisser endommager par le monde, chacun dans leur coin, sans plus connaître la douceur de l’amitié ? » (p. 53) Alors que Magnapole étouffe sous le manque d’eau et la chaleur, une macabre découverte secoue les quais : cinq dépouilles gisent dans un container venu d’une zone extérieure à GoldTex. Salia est chargée de l’enquête et Zem lui prête main-forte pour veiller aux intérêts de son nouveau patron. Après le scandale de l’Eternytox, c’est un autre produit médical et la disparition d’un richissime homme d’affaires qui sont au cœur d’un terrible projet de GoldTex.
Quelle déception… D’abord impatiente de retrouver le duo cabossé Salia/Zem et d’explorer davantage l’organisation du mensonge menée par les Sociétés monde, j’ai rapidement perdu tout intérêt pour cette intrigue qui ne prend pas le temps de finaliser ses pistes. Le mystère est presque miraculeusement réglé et on embarque alors dans une autre histoire, vers les terres perdues de Zem. « Tu y vas pour mettre de la lumière là où ils veulent que ça reste obscur. » (p. 85) Certes, vu le titre du roman, on se doutait que le personnage serait au cœur du récit, mais c’est terriblement forcé. Le spectre de Lena, l’amour perdu de Zem, est un prétexte agité à plusieurs reprises pour relancer l’intérêt, mais ça sonne terriblement faux, tout comme la caractérisation des antagonistes et la conclusion du roman. Je vais continuer à lire Laurent Gaudé, parce qu’il est un conteur génial, mais pas sa science-fiction.