
Roman de Laurine Roux.
Un seigneur cruel est assassiné par sa descendance en pleine bataille et l’enfant exulte d’avoir accompli une vengeance au nom de trois générations. « Avant toi, il y a eu des fautes. Avec toi, il y en aura. Il faudra réparer. » (p. 66) Tout commence des décennies plus tôt, après une exécution injuste qui dissimule un scandale, quand une femme doublement bafouée donne naissance à trois enfants, tous porteurs de la marque de leur géniteur. Deux d’entre eux lui sont arrachés et il ne lui reste qu’une innocente. Les années passent, Reine grandit dans le faste du château de Bure, trésor de sa mère et fierté de son père. Derrière les murs du monastère des Crots, Ephraïm est avide d’apprendre et de découvrir le monde. Dans la terrible forêt de Bénévent, Gala la sauvage se tient à l’écart du monde et essaie de protéger Mange-Ciel. La nature même des secrets étant d’être dévoilés, les triplés seront amenés à se retrouver et justice devra être faite pour punir les méfaits du père.
Rocailleux et impitoyable, ce roman m’a transportée dans ses âpres paysages. J’ai suivi les chemins disjoints des enfants de Gala avec appréhension et j’ai pleuré devant les sentiments interdits qui ne peuvent s’empêcher de palpiter. « Au plus fort de l’amour, les corps se mêlent si intensément qu’il demeure toujours trace de l’autre en soi, de soi en l’autre. » (p. 95) Cette lecture m’a saisi le cœur et l’esprit et m’a rappelé les textes de Clara Dupont-Monod et Carole Martinez.