Chaleur de sang

Roman d’Irène Némirovsky.

Sylvio, vieil homme solitaire, observe avec détachement et indifférence le ballet des vies et des sentiments de son entourage. Sa cousine Hélène et son époux François sont tellement heureux et sereins quand leur fille Colette épouse le gentil Jean. Après la noyade de celui-ci, les apparences se fragilisent. Le bonheur parfait et sans ombrage des parents Erard cache quelques secrets honteux. Au milieu de la campagne française, il est difficile de parler des erreurs. Tout le monde sait, mais personne ne parle. Et finalement, celui qu’on croyait éloigné des tourments du cœur se souvient…

La langue est fluide, la narration coule avec aisance. Pas de temps morts: on passe d’évènements en rebondissements en évitant les lieux communs superflus. Les périodes heureuses sont passées sous silence afin de maintenir le texte sous la tension dramatique. Chaque personnage a son rôle à jouer dans le drame familial. J’ai apprécié cette rapidité des enchaînements. Je suis toutefois agacée par l’artifice du narrateur omniprésent, qui assiste à toutes les péripéties. C’est bien entendu nécessaire pour que le lecteur ait connaissance de l’histoire, mais l’introduction du narrateur est parfois un peu lourde. Cela dit, ce roman reste une réussite, et je le conseille en lecture estivale. Il se lit rapidement et avec plaisir.

Ce contenu a été publié dans Mon Alexandrie. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire