Le vol des cigognes

Roman de Jean-Christophe Grangé.

1991, Paris, Louis Antioche achève une thèse de mille pages sur le concept de culture chez Oswald Spengler. Après des études largement financées par ses parents adoptifs, il se retrouve oisif et sans projet. Sur recommandation de Neilly, sa mère adoptive, il rejoint l’ornithologue Max Böhm en Suisse. Il accepte une mission sur la route des cigognes. Une grande partie d’entre elles n’est pas revenue de la dernière migration, et Max Böhm veut découvrir pourquoi. Quelques jours avant le début de son périple, Louis trouve Max dans un nid de cigognes, mort d’une crise cardiaque. Pour Louis, un mystère se cache derrière l’existence de l’ornithologue. Seul, il entreprend le voyage à la suite des oiseaux migrateurs. De Paris à Sofia et jusqu’en Centrafrique, Louis va marcher sur la trace des cigognes et partir à la découverte d’un odieux trafic qui va le mener à ses propres origines et au mystère de ses mains mutilées.

Je ne suis pas friande des romans d’enquête, d’autant moins si le sujet du texte verse dans le macabre et le sanguinolant. Et c’est ce que je reproche à ce roman: une surabondance de détails crus et funestes. Voici un texte qui se prêterait sans aucun doute au jeu de l’adaptation cinématographique: il y a des images à exploiter pour réaliser un honorable film « gore », dans la veine de L’empire des loups de Chris Nahon, adapté d’un autre livre de Grangé. A mesure que je progressais dans la lecture, j’ai compris que l’affaire des cigognes n’était que le prétexte à une autre histoire bien plus noire. Mais j’ai également senti que l’enquête en général n’est qu’un prétexte à des scènes violentes, sanglantes ou faussement érotiques, d’un mauvais goût notoire.

Toutefois, il n’y a pas que du mauvais. L’intrigue est plutôt bien ficelée. La course du personnage à travers les continents tient en haleine. L’auteur sait ménager ses effets. C’en est même frustrant. Trop peu d’indices! Un des plaisirs de la lecture de romans d’enquête, c’est de tenter de percer le mystère avant les dernières lignes. Là, il faut attendre les ultimes pages pour saisir toute l’étendue de la narration. Je passe sur l’ignominie familiale que découvre le protagoniste. C’est un « gros » pour moi. Un bon point pour les premières pages, in medias res: j’aime qu’un livre m’emporte immédiatement. Une autre réussite est la rédaction des fax que l’inspecteur Hervé Dumaz envoie à Louis Antioche. Ces quelques pages sont des morceaux d’exception, très bien ciselés, sur le mode du journalisme d’investigation.

L’impression finale est la déception. Encore un roman d’enquête qui n’a pas su me séduire ni me réconcilier avec le genre.

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