La fortune des Rougon

Roman d’Émile Zola.

Nous sommes à Plassans en 1851 et nous allons découvrir les origines de la famille Rougon-Macquart.

Tout commence avec Silvère, un jeune homme épris de liberté, de république et de la jolie Miette. « Ce devait être une nature intelligente noyée au fond de la pesanteur de sa race et de sa classe, un de ces esprits tendres et exquis logés en pleine chair, et qui souffrent de ne pouvoir sortir rayonnants de leur épaisse enveloppe. » (p. 43) Silvère a décidé de quitter Plassans pour Paris, pour défendre la seconde République qui tremble sous les coups de boutoir du coup d’État qui assoira Second Empire.

Mais il faut tout d’abord revenir plusieurs décennies plus tôt quand Adélaïde Fouque épousa Pierre Rougon de qui elle eut un fils, Pierre. À la mort de son époux, elle s’afficha avec le contrebandier Macquart dont elle eut Antoine et Ursule. Ainsi naquit la famille Rougon-Macquart. Pierre Rougon fils est plein d’une ambition avide : il épouse Félicité Puech avec qui il échafaude toute sa vie des projets d’enrichissement. « Le jeune ménage se mit bravement à la conquête de la fortune. » (p. 104) Mais le couple échoue sans cesse et accuse ses enfants, Eugène, Aristide, Pascal, Marthe et Sidonie. La chance sourit enfin à cette famille de loups quand s’annonce la fin de la seconde république. « La révolution de 1848 trouva donc tous les Rougon sur le qui-vive exaspérés par leur mauvaise chance et disposés à violer la fortune, s’ils la rencontraient jamais au détour d’un sentier. C’était une famille de bandits à l’affût, prêts à détrousser les évènements. » (p. 125)

De son côté, Antoine Macquart épouse Fine. Le fils du contrebandier est un ivrogne paresseux qui vit aux crochets de sa femme et de ses enfants, Lisa, Gervaise et Jean. Quant à Sylvère, il est le fils d’Ursule, décédée rapidement.

Émile Zola trace à grands traits la généalogie monstrueuse sur laquelle il fondera son étude. « Selon l’opinion commune, les Rougon-Macquart chassaient de race en se dévorant entre eux. » (p. 184) Cette famille tentaculaire se ramifie à vive allure, mais les parents veulent garder la mainmise sur les enfants alors que les rejetons n’attendent que de passer sur leurs parents pour s’emparer d’un héritage maigre. C’est donc un plaisir mêlé de curiosité que de lire ce premier volume, d’autant plus que je connais certains tomes de cette saga et que j’ai hâte de découvrir certains personnages à peine esquissés.

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