Sac d’os

Roman de Stephen King.

Depuis la mort de son épouse, Mike Noonan, écrivain à succès, est en manque d’inspiration. « J’ai peur d’écrire. […] J’ai même peur d’essayer. » (p. 98) Reclus à Sara Laughs, sa maison en bordure du Dark Score, il se débat avec ses démons, ses cauchemars et son chagrin. « Je me dis que je vendrais volontiers mon âme immortelle pour être capable d’écrire à nouveau. » (p. 76) En parlant du diable… Quand il rencontre la jeune Mattie et sa fille Kyra, Mike ne sait pas encore qu’il va déchaîner la fureur meurtrière de Max Devory, grand-père de la fillette et richissime tyran qui à la main mise sur les environs. Sur fond de garde d’enfant s’ouvre un bal de spectres, à la fois victimes et meurtriers, au son de la voix évanouie de Sara Tidwell, chanteuse de blues assassinée des décennies plus tôt. Il y a des secrets aux allures de malédiction autour du lac Dark Score et Mike Noonan, bien malgré lui, va devenir un pantin entre les mains du passé furieux.

Considéré comme un des chefs-d’œuvre de Stephen King, Sac d’os est un texte riche et d’une impressionnante ampleur. Outre la terreur qu’il sait si bien manier, l’auteur explore les méandres du chagrin et du deuil, et la puissance paralysante de ces deux émotions. « C’est ainsi que nous fonctionnons : un jour à la fois, un repas à la fois, une souffrance à la fois, une respiration à la fois. » (p. 365) Mike Noonan est un avatar de Stephen King et l’on sent combien l’auteur explore ses propres peurs et ses angoisses. Il porte également quelques coups de griffes au monde de l’édition, où les succès critiques existent en premier lieu dans les listes du New York Time. Un brin vachard, Stephen King n’en reste pas moins lucide et il est tout à fait humble sur ce qui concerne le travail de l’écrivain. L’inspiration n’est jamais acquise et la création est un processus fragile. « Je pleurais de chagrin pour les années vides que j’avais passées sans Johanna, sans ami, sans mon travail. Je pleurais de gratitude car ces années paraissaient terminées. » (p. 335)

J’ai trouvé quelques longueurs dans ce roman et quelques situations/passages un peu bourratifs, mais Sac d’os est un roman tout à fait terrifiant à base d’enfants sacrifiés, de culpabilité collective et de fantômes hurleurs.

Ce contenu a été publié dans Mon Alexandrie. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire