No et moi

Roman de Delphine de Vigan.

Lou Bertignac a treize ans, un QI de 160, une maman dépressive et un papa fatigué. Pour son cours d’économie, elle doit présenter un exposé. Terrifiée par l’exercice, elle lance un sujet au hasard: les SDF. Sa route croise celle de Nolwenn – No – une jeune fille qui vit dans la rue. Après quelques semaines d’apprivoisement, No se laisse convaincre de livrer son témoignage pour l’exposé de Lou. Puis No disparaît. Déterminée à la retrouver, à l’aider, Lou finit par retrouver son amie. Mais No est « abîmée » par la vie dans la rue, et si les premiers temps des retrouvailles sont parfaits, le passé et les douleurs de No finissent par la rattraper. Pour Lou et son ami, le beau Lucas, sauver No est un rêve insensé, mais c’est le rêve de leur jeunesse.

Première impression globalement mauvaise. L’enchaînement des clichés sur les lycéens via une accumulation de marques fétiches, Converse et Eastpak pour ne citer qu’elles, m’a fait craindre la lecture d’un roman pour ados dissimulé sous une couverture pour adultes. J’ai eu de grosses difficultés avec la langue. Le texte se lit très bien, facilement, le langage est simple et il y a beaucoup de formules d’oralité. Mais justement, il y en a trop et ça ne correspond pas au personnage. Lou est une jeune surdouée passionnée de tout et plus particulièrement de grammaire et elle parle comme tous les adolescents de sa classe. Difficile avec ça de cerner le personnage.

Ce qui est aussi très agaçant, c’est entendre des leçons de morale de la part d’un personnage si peu crédible. Le monde va mal, on le sait. Il y a quelque chose de pourri dans tous les royaumes, on le sait aussi. Mais qu’une gamine, même surdouée, nous déballe ses considérations naïves sur la marche du monde et les difficultés sociales, ça sonne complètement faux. Je cite: « On est capable d’envoyer des avions supersoniques et des fusées dans l’espace, d’identifier un criminel à partir d’un cheveu ou d’une minuscule particule de peau, de créer une tomate qui reste trois semaines au réfrigérateur sans prendre une ride, de faire tenir dans une puce microscopique des milliards d’informations. On est capable de laisser mourir des gens dans la rue. » (p. 92)

L’histoire est jolie, même si je n’ai pas réussi à y croire. Ce petit bout de gamine qui veut sauver une grande gigue blessée par la vie, c’est le genre de choses qui fait vibrer la corde sensible. La figure de la jeune adolescente qui grandit et qui s’oppose à ses parents a déjà été traitée, et ici il n’y a pas grand-chose de nouveau ni de convaincant. Je n’ai pas détesté ce livre, il m’a laissée plutôt froide. Trop de bons sentiments réunis dans si peu de pages, c’est assez vite écœurant.

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