Interview de Lydia Bonnaventure

Pour cette deuxième interview, c’est Lydia Bonnaventure qui est passée à la question. Et l’expression est assez appropriée quand on connaît sa passion pour le Moyen-Age. Je vous invite à lire son essai La maladie et la foi, aussi intéressant que facile d’accès.

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Quel est ton parcours universitaire et comment es-tu venue à l’histoire ?

J’ai une maîtrise de Lettres Modernes. J’ai toujours été passionnée par la littérature et l’Histoire. A l’école déjà, c’était deux de mes trois matières préférées (avec la biologie, ce qui explique peut-être le thème de mon Essai ). Il m’est presque impossible de dissocier les deux. Je pense honnêtement que l’Histoire fait partie de nous. Ne pas la connaître, c’est rater de grands pans de notre humanité. Voilà pourquoi, à présent, mon site et mes écrits sont basés sur ces deux axes.

Comment as-tu découvert Gautier de Coinci et ses écrits ?

Grâce à mon directeur de recherches. A l’époque, le mémoire de maîtrise devait faire entre 80 et 120 pages (format A4 bien sûr). Autant dire que pour arriver à écrire autant, il fallait que le sujet plaise. Mais il fallait également s’assurer qu’il n’ait jamais été traité. Lorsque Paul Bretel, éminent médiéviste, m’a fait connaître cet auteur et, surtout, m’a proposé de travailler sur les maladies au Moyen âge, je n’ai pas hésité une seule seconde. Ce thème m’intéressait vraiment. Et j’ai trouvé ce Gautier plutôt attachant et atypique (notamment dans son lexique).

As-tu fait des recherches médicales ou es-tu entrée en contact avec des médecins ou scientifiques pour comprendre les différentes maladies évoquées par Gautier de Coinci ?

J’ai effectivement fait quelques recherches médicales (livres, revues) pour m’assurer que je ne racontais pas n’importe quoi. En revanche, je ne suis pas entrée en contact avec des médecins ou des scientifiques. Gautier de Coinci utilise toujours les mêmes maladies car pour lui, elles ne sont finalement qu’un prétexte pour engager les gens à vénérer la Vierge. Ce sont des maladies « typiques » donc facilement décelables. Le plus difficile pour moi fut de trouver la raison pour laquelle il ne prenait à partie que certaines maladies.

Combien de temps t-a-t-il fallu pour écrire cet essai ?

Il faut déjà compter un an pour le mémoire de maîtrise qui a constitué ma base. J’ai ensuite repris ce dernier et ajouté toute la partie historique qu’il manquait puisque le mémoire avait pour thème la littérature médiévale et non l’Histoire à l’époque. J’ai élagué, ajouté… bref, au final, il n’en reste plus qu’un quart. Pour écrire l’essai en lui-même, j’ai commencé en septembre 2010 et j’ai fini en janvier 2011.  Quatre mois, donc… Mais encore une fois, j’avais ma base.

A l’heure actuelle, je travaille sur un deuxième essai qui, cette fois, partira de l’Antiquité pour arriver au XIXe siècle. Le sujet sera totalement différent. Je vais mettre beaucoup plus de temps à l’écrire. Il m’a fallu travailler sur les sources historiques (j’y suis dessus depuis 4 mois) et je commence à peine la rédaction.

Comment es-tu entrée en contact avec les éditions de la Louve ? Entre nous, il est comment ,le grand Jean-Louis Marteil ?

Eh bien, c’est Jean-Louis Marteil qui est entré en contact avec moi après avoir trouvé mon blog. Comme quoi, internet est utile. Le courant est passé de suite entre nous. Lorsque je lui ai proposé mon projet, qui me tenait à cœur depuis un petit moment, il n’a pas hésité non plus.

Le « grand Jean-Louis » est profondément humain. C’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup. On peut lui faire confiance. Il croit en ses auteurs, donne des conseils en toute gentillesse … Bref, c’est un éditeur très sympathique sur qui on peut compter.

Tu tiens un blog sous forme d’éphéméride historique : d’où t’es-venue cette idée et quelles sont tes sources pour alimenter ce blog tous les jours ?

L’idée m’est venue du fait que j’allais tous les jours sur d’autres sites pour voir les éphémérides. Je trouve cela plutôt sympathique et c’est une source d’enrichissement. Je ne traite qu’un seul événement par jour car je n’ai pas le temps d’en faire plus. Mais cela me permet d’avoir ma petite dose historique quotidienne.

Ma principale source est le site Herodote où je suis abonnée (je vais également sur « La France pittoresque » et sur « linternaute »). Lorsqu’un événement me plaît, je vais ensuite voir les sites le concernant et j’essaie d’en faire une synthèse.

Quelle lectrice es-tu ? Dévoreuse ? Appliquée avec un carnet de notes ? Polyvalente avec plusieurs lectures en cours ?

Certainement pas appliquée en tous les cas, ne prenant jamais de notes. Je trouve que cela gâche le plaisir de la lecture. Polyvalente, c’est certain. J’ai toujours plusieurs ouvrages en cours de lecture. Dévoreuse, c’est sûr. Et je rajoute « compulsive ».  Lorsque je vais dans une librairie, je n’achète jamais qu’un ouvrage. J’en ressors toujours avec une dizaine… minimum !

J’aime particulièrement les romans (surtout lorsqu’ils sont historiques d’ailleurs), les polars, les nouvelles, le théâtre. Mon point faible ? La poésie… je n’aime pas vraiment.

Bref, je vis entourée de mes livres. J’en ai toujours un à portée. Je crois qu’ils me rassurent.

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Un grand merci, Lydia, pour la rapidité avec laquelle tu as répondu à mes questions et surtout pour avoir accepté mon indiscrétion littéraire.. Amis lecteurs, faites un tour sur son site et mettez un peu d’histoire dans vos journées !

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