Misery

Roman de Stephen King.

Paul Sheldon se réveille dans un lit inconnu, le bas du corps parcouru de douleurs insupportables. Après un terrible accident de voiture dans une tempête de neige, il a été sauvé par Annie Wilkes qui l’a ramené chez elle. Mais Paul Sheldon n’est pas n’importe qui. Et Annie Wilkes non plus. Le premier est un auteur célèbre pour sa série mettant en scène Misery Chastain. La seconde est la fan numéro un du premier. Et une folle irrécupérable. « Vous me devez la vie, Paul. J’espère que vous vous en souviendrez. J’espère que vous ne le perdrez jamais de vue. » (p. 29) Puisqu’elle a sous la main son auteur adoré, elle lui demande d’écrire la suite des aventures de Misery. Drogué aux calmants, les jambes brisées, Paul Sheldon est à la merci de cette femme qui vit en marge de la société et dont le passé est des plus inquiétants. « Que voulez-vous, je suis cinglée, non ? Tous les journaux l’ont dit. Aussi timbrée qu’une lettre recommandée. » (p. 36) Paul en fera l’expérience à ses dépens. Dans la maison d’Annie, on ne dit pas de gros mots, on ne se plaint pas, on écoute et on obéit. « Je vous ai déjà répété qu’il ne fallait pas me mettre en colère. » (p. 126) Annie n’est visiblement pas novice en matière de sévices et de meurtres, mais Paul a la volonté de survivre et d’échapper à sa geôlière. Et surtout, il a le pouvoir de l’écriture et de l’imagination : tant qu’il travaille à l’histoire de Misery, il ne mourra pas. Pourvu qu’il trouve une solution avant d’écrire le mot « fin » !

J’avais vu le film avec Kathy Bates, il y a quelques années. Ce n’est pas la première fois que cette actrice incarne un personnage de Stephen King (voir Dolores Claiborne), mais dans ce rôle, elle était parfaite. Parfaitement terrifiante. Parfaitement folle. La scène de mutilation était édulcorée dans le film, mais déjà bien atroce. Dans le livre, telle que l’a pensée le King, elle est insoutenable de violence et de cruauté. Je n’en dis pas plus… mais vous vous doutez bien que la vie est moins facile quand on se fait raccourcir les extrémités !

J’ai dévoré ce roman en quelques heures, happée par l’atmosphère particulièrement étouffante de séquestration, de claustration, d’immobilité et de douleur dans laquelle baigne Paul Sheldon. Misery est un grand roman de Stephen King, un de ceux dans lequel il déploie tout son talent, ses thèmes favoris et probablement une bonne part de ses névroses.

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