Christine

Roman de Stephen King.

Quand Arnie Cunningham voit Christine pour la première fois, il sait qu’elle sera à lui. Christine, c’est une Plymouth Fury de 1958 dans un état désastreux, à peine bonne pour être vendue en pièces détachées. « Cette voiture, c’était un gag, un mauvais gag, et je ne comprendrai jamais ce qu’Arnie put lui trouver, ce jour-là. » (p. 15) Mais Arnie tient tête à ses parents et retape la voiture qui retrouve peu à peu son éclat d’antan. Et le jeune homme gagne en assurance, perd ses vilains boutons d’acné et trouve une petite amie en la personne de la jolie Leigh. Mais il y a quelque chose qui ne va pas. Dennis, le meilleur et unique ami d’Arnie le sent bien : cette voiture a une mauvaise influence sur son copain. « Acheter une vieille bagnole et quoi ? Elle vous changera la tête, votre façon de penser, et changera ainsi votre métabolisme ? Libérera votre vrai moi ? » (p. 113) Arnie change, mais pas en bien : il devient plus brusque, comme s’il était constamment en colère, exactement comme l’ancien propriétaire de Christine, Rollie LeBay qui, bien que mort, semble traîner dans les parages. Comment expliquer que les jeunes brutes qui ont démoli la voiture meurent dans des accidents étranges et atroces ? Comment expliquer l’infecte odeur qui émane de la voiture pourtant retapée à neuf ? Comment expliquer, justement, que Christine semble aussi neuve qu’au jour de sa fabrication alors qu’Arnie n’a pas vraiment les moyens d’acheter toutes les pièces de rechange ? Dennis est bien décidé à sauver son vieux copain et la petite amie de celui-ci, mais il sait bien que Christine ne se laissera pas envoyer à la casse sans se défendre.

Voilà un très bon roman de Stephen King. Dans le style bagnole maléfique, j’avais déjà beaucoup apprécié Roadmaster, voiture qui ouvrait un portail sur une dimension pas franchement rassurante. Ici, Christine est un véhicule possédé par l’esprit de son vieux propriétaire et animé par une soif de mort et de sang tout à fait glaçante. Attention, ne vous mettez pas entre elle et Arnie ! Christine est pire qu’une femme jalouse et exclusive. « Une voiture ordinaire pouvait-elle devenir le lieu de résidence d’un démon dangereux et puant ? Une maison hantée roulant sur Goodyear ? » (p. 318) La réponse est évidemment affirmative quand il s’agit d’un roman de Stephen King, et c’est délicieusement terrifiant !

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