Mr Mercedes

Roman de Stephen King.

Dans la nuit du 9 au 10 avril 2009, des centaines de personnes font la queue avant l’ouverture d’une grande foire à l’emploi. C’est l’événement qu’a choisi un détraqué pour foncer dans la foule avec une Mercedes volée. Pour Bill Hodges, policier à la retraite, ce dossier non classé est un échec. Aussi, quand Mr Mercedes, surnom donné au conducteur par les journaux, le contacte, il sent reculer ses envies suicidaires et veut tout mettre en œuvre pour coincer le fou furieux qui a fait tant de victimes. « Le psychopathe ne dit sûrement pas la vérité quand il affirme qu’il n’éprouve absolument aucun besoin de recommencer. Mais Hodges est tout à fait certain d’une chose : il a besoin que la presse parle de lui. » (p. 35) Mr Mercedes a déjà poussé au suicide la propriétaire de la voiture qu’il a volée et il voudrait bien faire de même avec Hodges. Mais il a affaire à plus forte partie. Et dans ce jeu du chat et de la souris, la proie n’est pas celle que l’on croit. Titillé à l’excès, Mr Merdeces finira-t-il par craquer ? « La seule chose qui importe, c’est de produire son manifeste […]. Inciser la peau du monde pour y laisser une cicatrice. Ce n’est que ça, après tout, l’Histoire : du tissu cicatriciel. » (p. 412)

Stephen King est un coquin, un filou, un trublion. Oui, j’aime les synonymes et le rythme ternaire. Dans ce roman, il fait référence à ses propres œuvres, Christine ou Ça. Il ne se regarde pas le nombril, loin de là. En fait, son œuvre est tellement inscrite dans la culture populaire qu’elle peut être utilisée au même titre que celle d’un autre auteur. Et le King fait ça avec classe et un recul goguenard absolument délicieux. Autre point fort de ce roman, Bill Hodges ! Ce personnage de vieux flic en retraite est très attachant et fichtrement bien construit. Mr Mercedes propose une enquête bien ficelée où le coupable est connu depuis le début. Reste à savoir combien de victimes il fera d’ici la fin du roman. « Est-ce qu’on peut lui reprocher d’avoir frappé le monde qui a fait de lui ce qu’il est ? » (p. 411) J’ai hâte de lire Carnets noirs pour retrouver Bill Hodges avant la parution en mars du dernier volume de la trilogie consacré à ce personnage. Voilà des lectures simples et efficaces !

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