Moi, Peter Pan

Roman de Michael Roch.

Peter Pan remplit tant bien que mal, et plutôt mal, son rôle de chef des enfants perdus. Les petits oublient leur nom et des bêbêtes qui leur grignotent la tête, de l’extérieur et de l’intérieur. Peter lui-même est désemparé et sujet à d’âpres angoisses depuis le départ de Wendy. « Si l’âme sœur disparaît, le lien reste là. Ce que tu es reste présent. Ce que tu es capable d’être reste réel. » (p. 68) D’une aventure contre les Indiens à une longue promenade avec Lili, d’un affrontement avec Crochet à la rencontre d’un crabe qui compte tout le sel de la mer, ou encore à la poursuite de son ombre qui ne cesse de se détacher, Peter Pan cherche le sens qui s’échappe dans un Pays Imaginaire qui semble s’assombrir. « Tu as peur de ton propre éclat, Peter, car tu ne sais pas de quelles couleurs tu es fait. » (p. 72)

Ce texte est profondément onirique et contemplatif. Sans doute trop à mon goût. Le roman est court et les chapitres à l’avenant, mais le passage d’une partie à la suivante manque de liant. Chacune des jolies discussions que Peter Pan a avec différents protagonistes est un beau morceau, mais assemblés, ces échanges forment une étrange cacophonie. Certes, cela illustre le trouble qui s’empare de l’esprit du jeune garçon, mais c’est assez cryptique au bout du compte. J’ai apprécié la réflexion sur le langage, mais je ressors assez frustrée de cette lecture. « Il est parfois bon de prononcer nos mots. Ils ont une force qui nous soulage. Et si nous les revendiquons, ils nous rendent plus courageux, plus humbles, plus proches de notre vraie nature. » (p. 23) Ce roman m’a surtout donné envie de relire le Peter Pan de James M. Barrie.

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