
Recueil d’aphorismes de Mario Alonso.
Selon Wikipédia, l’aphorisme est « une sentence énoncée en peu de mots — et par extension une phrase — qui résume un principe ou cherche à caractériser un mot, une situation sous un aspect singulier. Par certains aspects, il peut se présenter comme une figure de style lorsque son utilisation vise des effets rhétoriques. » Pour comprendre ce qu’il en est, le mieux est encore d’avoir des exemples, et Mario Alonso nous offre plusieurs dizaines de pages délectables. Au gré de chapitres dont la logique ne demande qu’à être comprise, l’auteur parle de l’illisible, du sexe, des portes, de la mort, des livres et de la lecture ou encore de la liberté.
Pas plus qu’on ne résume la poésie, on ne résume pas des aphorismes, cela serait idiot. Je retiens des mots de Mario Alonso un désespoir hilarant, probablement non intentionnel, mais terriblement touchant. « Au secours, je suis vivant. » (p. 59) Sa riche collection d’aphorismes est drôle, impertinente et parfois loufoque, sans manquer de se montrer philosophe et profonde, et sans jamais d’interdire d’être ludique et jolie.
Je vous laisse avec une sélection d’aphorismes à méditer… ou pas !
« La poésie, c’est à se pendre ou à laisser. » (p. 11) »
« Appelez-moi poète si vous voulez, mais s’il vous plaît, dîtes-le avec un soupçon de crainte dans la voix. » (p. 11)
« Les aphorismes sont éternels. Par chance, on les oublie. » (p. 20)
« Je préfère dormir entre les jambes de Morphée. » (p. 25)
« Une mauvaise orthographe est à l’écriture ce qu’une mauvaise haleine est à la parole. » (p. 27)
« Cet aphorisme n’est pas si amorphe. » (p. 29)
« Écrivez sans lunettes, ainsi écrirez-vous peu et grand. » (p. 35)
« Les Espagnols hurlent, les Français râlent. Les Basques ont du mérite. » (p. 45)
De Mario Alonso, lisez Les gens qui meurent pour d’autres formes d’aphorisme, mais aussi ses romans Watergang et Femme de cabane.