
Texte de Christian Bobin.
Une fois encore, Christian Bobin nous invite à communier avec la ligne et les mots. « Écrire à la main devient tellement rare que cela prend le poids d’une prière. » (p. 10) Entre aphorismes et méditation, ses paragraphes très courts, parfois réduits à une phrase nominale, sont des chants en l’honneur de la nature, où les fleurs et les fauves sont autant de délicatesses. Face aux agitations du monde qui l’entoure, Bobin cherche la sagesse. Il la trouve, encore et toujours, dans les plus petites choses. « Un maître c’est quelqu’un qui fait beaucoup d’erreurs et qui, lorsqu’il s’en aperçoit, sourit. » (p. 24) Une autre forme de sagesse est la contemplation, et celle-ci n’a de valeur qu’en étant éminemment active, mais parfaitement immobile. « La plus noble façon de disparaître est la lecture. C’est aussi l’acte d’amour parfait : une âme touche une âme, directement. » (p. 53)
L’auteur-poète se raconte intimement, pudiquement : ce qu’il dévoile n’est pas sordide ou charnel, mais léger comme un pétale soufflé par le vent. Et c’est en parlant de l’Autre qu’il en dit le plus sur lui-même. « La manière dont le soleil par instants balayait tes yeux a plus changé ma pensée que tous les livres du monde. » (p. 36) Comme dans ses autres textes, Christian Bobin déploie une écriture d’une grande beauté et d’une simplicité qui ne s’obtient qu’au prix d’un long travail. Ses réflexions résonnent avec d’autant plus de force qu’elles sont des mondes à elles seules. « Un poème devrait être aussi court qu’une dent de lait. » (p. 19)
Dans la collection Entre 4 yeux, j’ai encore pris un immense plaisir à progresser dans le texte en découpant soigneusement les pages non massicotées. Patienter avant de passer à la page suivante, se frotter à la matérialité des mots, c’est une forme de sagesse et d’humilité que Christian Bobin n’aurait pas reniée.
Evidemment, je note la référence !
Oui, maintenant que tu as commencé Bobin !!! <3
Exactement !