Sur la peinture

Recueil de textes écrits par John Singer Sargent ou qui le citent.

Les tableaux de John Singer Sargent m’évoquent irrésistiblement les romans d’Edith Wharton et d’Henry James, auteur dont le peintre a réalisé le portrait. Et comme Wharton, l’artiste a vécu entre Europe et États-Unis, au sein de cette classe d’Américains aisés et plutôt oisifs, si friands du Vieux Continent. Rattaché un peu prestement au courant impressionniste, John Singer Sargent était avant tout un observateur. « Nous devons donner raison à Claude Monet qui affirmait que Sargent n’avait jamais été un impressionniste au sens parisien du terme. » (p. 96) Le talent de Sargent a été autant encensé que décrié. Son opposant le plus virulent était Richard Fry, critique artistique qui reconnaissait dans le peintre un praticien indéniablement doué, mais manquant de la flamme qui anime les artistes purs et passionnés. « Il en résulte que quiconque met de la peinture sur la toile est qualifié de peintre sans tenir compte du but qu’il atteint par ce procédé. » (p. 53)

L’ouvrage se compose de critiques, de textes de la main même du peintre ou de témoignages de ses anciens élèves, de ses modèles ou de divers admirateurs. « Dans le cas de M. Sargent, le processus par lequel l’objet vu se résout en objet peint est extraordinairement immédiat. C’est comme si la peinture était un pur toucher de la vision, une simple manière de ressentir. » (p. 7), dixit Henry James. Si j’ai grandement apprécié les reproductions de certaines œuvres sur papier glacé, je m’interroge sur la composition de ce petit recueil qui répète au mot près plusieurs textes en l’espace de quelques pages. Et je ne peux que déplorer les coquilles, hélas, assez nombreuses : déformation professionnelle, je sais, mais je ne peux pas ne pas les voir !

L’ouvrage est finalement une collection assez hétéroclite de textes autour de John Singer Sargent : ce n’est pas inintéressant, mais il est parfois assez difficile de rattacher les propos à leur auteur. J’avais eu cette même impression avec Notre-Dame, livre consacré à Joris-Karl Huysmans par la même maison d’édition. Tout cela se lit sans déplaisir, mais reste assez superficiel. Moi qui suis une grande admiratrice de ce peintre, je reste sur ma faim, mais cela justifie une nouvelle descente en librairie pour trouver un ouvrage plus conséquent sur John Singer Sargent. « Il croyait, […], que la peinture était une science qu’il fallait acquérir pour en faire un art. » (p. 43)

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