
Manga de Gou Tanabe, d’après des nouvelles H. P. Lovecraft.
Céléphais – Un écrivain raté cherche à retrouver la cité perdue qu’il a vue en rêve, des décennies plus tôt. Il abuse de diverses drogues pour prolonger son sommeil et poursuivre son périple onirique vers les lieux de son enchantement. « Prenez garde à ne pas devenir prisonnier de vos rêves. » (p. 58) Quand, enfin, l’homme arrive à destination, a-t-il vraiment touché au but ?
Les chats d’Ulthar – En marge d’Ulthar, un couple de vieux sadiques capturent et torturent les chats. Quand l’animal d’un nomade disparaît et qu’une malédiction semble lancée sur la ville, les animaux adoptent un étrange comportement. « Que les âmes de tous les félins de jadis et de naguère infligent aux meurtriers de mon bien-aimé compagnon des souffrances éternelles ! » (p. 101) Et l’on comprend finalement mieux pourquoi il est interdit de s’en prendre aux chats dans la ville d’Ulthar.

A-t-on vraiment envie de les papouiller ?
Les autres dieux – Atal, présent dans la nouvelle précédente, suit l’enseignement de maître Bargai. Un jour, il exprime le désir de voir les dieux. Son mentor l’entraîne alors dans un périple jusqu’au sommet de l’Hathlag-Kla. « Les dieux arrivent à bord de leurs vaisseaux de nuages. » (p. 164) Mais quelle que soit la religion, il est notoire que voir les dieux n’est jamais une bonne idée.
J’ai peu lu Lovecraft, car le bonhomme m’inspire bien peu de sympathie, mais il était bon conteur, c’est indéniable. La reprise de ces trois nouvelles par Gou Tanabe est une merveille. Rien d’autre que le noir et blanc n’aurait convenu pour illustrer les fictions torturées de Lovecraft. Les chutes de chaque histoire sont spectaculaires, comme doivent l’être les fins de toute nouvelle. Ça ne respire pas la joie, mais qu’est-ce que c’est bon ! Pas étonnant que Stephen King cite l’auteur parmi ses modèles.
J’aime beaucoup Lovecraft. Ce manga doit être chouette !