
Texte de Michèle Cohen.
Michèle Cohen a été et est rédactrice, d’abord pour la radio, puis pour la publicité, mais aussi pour toutes sortes de textes. Mais a-t-elle ce qu’il faut pour être autrice ? « Aujourd’hui, on peut écrire un livre sympa sans être un grand écrivain. » (p. 30) Je ne suis pas friande de l’autofiction, mais ici, on lit un auto-documentaire, et le travail est fait admirablement. L’autrice documente son parcours intime avec des lettres, des images et des souvenirs. Elle se raconte en présentant les femmes de sa lignée et en traçant l’histoire des juifs arabes venus de Tunisie qui composent sa famille. À chaque anecdote ou épisode familial, on sent une générosité débordante. Discrètement, Michèle Cohen parle de son soutien aux réfugiés, sans en faire une montagne. Très vite, et très humble, elle revient à ses boulots d’étudiante, jamais loin d’une machine à écrire, les mots qui fusent au bout des doigts : transcrire, taper, recopier, répondre, tout ça, ce sont des actes d’écriture. « On peut écrire avec autre chose qu’avec des mots sur du papier. » (p. 75)
L’autrice parle abondamment de son admiration pour le travail de Baruch Spinoza et pour l’œuvre de Lydia Davis, et voilà que j’ai envie de découvrir ces deux-là ! Rédactrice, c’est également mon métier. Aussi, j’ai parfaitement compris ce que Michèle Cohen signifie quand elle évoque la subtilité des mots et de leur sens. Comme elle, j’ai publié un livre et je me demande toujours si je sais écrire… La dernière perle de cet ouvrage, ce sont les broderies de l’autrice : les mots au point de croix prennent plus de temps qu’à la plume et ils ont quelque chose de profondément bouleversant. La beauté dans la banalité, c’est la plus délicate, peut-être la plus précieuse.
Je note la référence !
Ou, c’est vraiment très bien écrit !