Jessie

Roman de Stephen King.

Pour faire plaisir à son mari Gerald, Jessie a accepté de se livrer à des jeux sexuels qui ne l’excitent pas vraiment, d’autant plus qu’elle joue systématiquement le rôle du partenaire soumis. Dans leur villa d’été loin de Portland, loin de tout, Jessie en a assez et elle repousse son époux. Premier problème : Gerald fait une crise cardiaque et meurt au pied du lit conjugal. Deuxième problème : Jessie s’était laissée menotter au lit par son mari et ne peut pas se libérer. Troisième problème : la porte de la villa n’est pas fermée et laisse entrer des visiteurs inattendus. « Seule dans le noir, avec une porte ouverte, Jessie, et si l’on hurle et qu’on appelle à l’aide, qui sait quelles choses épouvantables peuvent répondre. » (p. 169) Isolée, à demi nue et entravée, Jessie n’a que les voix dans sa tête pour lui tenir compagnie, et certaines ne sont pas les bienvenues. « Bon dieu, j’avais bien besoin de ça ! Une conseillère qui sort de l’enfer. » (p. 38) Menottée au lit, Jessie est surtout enchaînée à ses pensées, à ses souvenirs et à ses terreurs. Prête à tout pour se libérer, il lui faut avant tout accepter de revivre un évènement traumatisant de son enfance, le jour de l’éclipse, le 20 juillet 1963.

Pas de surnaturel ou de monstre dans ce roman, mais une horreur tout à fait palpable devant le calvaire de Jessie qui ne sait comment se libérer et qui voit la mort, précédée de la folie, doucement approcher de son lit. Je n’en dis pas plus sur cette histoire, mais si vous cherchez un roman qui glace le sang par la seule évocation de la réalité, vous êtes à la bonne adresse !

Jessie est le premier volet de la trilogie féminine de Stephen King. J’ai déjà lu Dolores Claiborne et c’est avec plaisir que j’ai vu les liens entre ces deux textes, l’auteur prenant l’éclipse de 1963 comme point de jonction des deux histoires. Ou quand la lune, élément féminin, prend le dessus sur le soleil, flamboyant mâle des cieux. Cette éclipse semble être un élément fondateur de la mythologie littéraire de Stephen King et j’ai hâte de lire le dernier volet de cette trilogie, Rose Madder.

Ce contenu a été publié dans Mon Alexandrie. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *