
Poésie de Florence Saint-Roch, illustré par Marie Riem.
Ce leporello poétique nous joue l’accordéon de l’amour et déploie sa fresque pour nous inviter à suivre le chemin du sentiment. « Te donner à parcourir le monde de mon cœur. » La déclaration se compose de petites phrases qui sont les innombrables touches de la peinture amoureuse. « Mon Autre tout trouvé : / ton visage surgi dans ma vie, / ta rencontre nécessaire / – une figure imposée. » La poétesse nous propose deux cents verbes qui font l’amour : libre à nous de les conjuguer au présent, au futur, au plus-que-parfait, à l’infini. « Non pas chacun pour soi / mais chacun pour l’Autre. »
Les illustrations mêlent une flore délicate, une faune douce et une cosmologie mystique, dans un style qui me rappelle des décors muraux slaves ou nordiques. Les bleus sont tendres et les rouges sont vibrants. « Où que je sois avec toi, je ne me perds pas. » L’ouvrage est une beauté à mettre au mur pour le voir à toute heure, mais qu’il est plus sage de ranger pour ne pas se brûler les yeux à son éclat. Et pour le plaisir de le déployer encore et encore, éventuellement dans le métro pour concurrencer les journaux tristes de nos congénères et semer des graines de poésie. Qui dont, si ce ne sont Les Venterniers, pouvait republier un si beau texte ?
