
Roman de Marie-Hélène Delval et Susan Varley.
Lili-Lapin est heureuse dans sa famille, auprès de ses parents et de ses frères et sœurs. Parfois, Doudou-Lapin l’agace beaucoup : il parle peu et pas très clairement, il fait des grimaces bizarres, il ne se comporte pas comme les autres enfants. « Il a grandi. Mais on dirait que c’est encore un bébé. » (p. 6) Avec beaucoup de patience, l’entourage de Doudou-Lapin lui apprend à articuler et à mieux se déplacer. Le petit garçon gagne en autonomie et Lili-Lapin est moins en colère. « Il y a en lui quelque chose qui est un peu de travers et qui ne sera jamais droit. On peut l’aider à grandir et à faire des progrès. Mais il faut l’aimer comme il l’est. » (p. 39)
J’ai lu ce petit roman pour répondre à un exercice de mon groupe de lecture. Et s’il y a des lapins dedans, c’est encore mieux. Toutefois, tout n’est pas parfait. Je suis un peu gênée que l’initiative d’apporter des soins adaptés à l’enfant vienne de sa sœur, et pas des parents. Il n’appartient pas aux enfants de prendre de telles décisions. « Mais elle aime bien aussi être avec son petit frère. Elle voudrait tellement lui apprendre à faire des progrès ! » (p. 17) Un point positif de cet ouvrage est cependant de présenter les sentiments d’un adelphe face à un petit frère atteint de trisomie. Le livre date de 1993 et a été rédigé avec un collectif spécialisé. Je ne sais pas si le message reste d’actualité, mais le roman me semble une première approche pertinente pour parler de handicap et de différence.