
Roman de Blandine Butelle. Illustrations de Caly.
Cette fois, c’est fini : Bénigne est renvoyée de l’école humaine où elle était inscrite : la faute à un sort qui a encore mal tourné. Heureusement, ses mamans Solveig et Valentina obtiennent une place pour elle et son frère, Gentil, dans l’école magique. « L’établissement, mobile, se chargeait de venir les chercher chez eux chaque matin et de les ramener chaque soir. » (p. 19) La petite sorcière est dans un environnement parfait pour apprendre à maîtriser ses pouvoirs ! « Je pense que votre fille souffre d’un trouble du langage magique. Lorsque Bénigne lance des sorts, elle mélange certains mots, si bien qu’elle n’obtient pas le résultat espéré. » (p. 32) Dans l’école, un professeur est un vampire, un autre est un ours en peluche, et les élèves sont des zombies, des loups-garous et même des extraterrestres. Ça pourrait être un endroit de rêve, mais des disparitions inquiétantes se succèdent et une ancienne menace refait surface, prête à attiser les conflits entre les humains et les créatures magiques.
Ce résumé vous rappelle un peu ou beaucoup la saga du sorcier à la cicatrice ? C’est normal, mais c’est différent. Blandine Butelle propose une histoire inclusive à bien des niveaux, un merveilleux conte où le vivre-ensemble est une évidence. Ça fait un bien fou de questionner ce qui est érigé en normalité. « C’est pas facile d’être le seul humain dans une école de monstres, vous savez. » (p. 40) Ce n’est qu’en se plaçant du point de vue de l’autre qu’on peut comprendre et respecter sa différence. J’ai rencontré l’autrice dans un festival à Lens, où je présentais mon propre livre. En ouvrant son petit ouvrage au format manga, je suis tombée sur une folle prolifération de lapins, comme s’il fallait un argument supplémentaire pour me convaincre. J’ai acheté le tome 1 et le tome 2 et j’ai des dédicaces rien qu’à moi !