Ferme ta gueule s’il te plaît, je suis en train de t’écrire un beau poème d’amour

Ouvrage poétique de Thomas Vinau.

En deux, trois, quatre lignes, rarement plus, le poète déclare sa flamme à la femme adorée. « Trois grains de beauté / entre tes deux seins / cinq bonnes raisons d’exister » Flamme qui brûle, qui embrase, mais parfois vacille et n’est pas loin d’être mouchée, flamme qui s’agace et qui enrage, comme le montre le titre. Les mots sont sensuels, d’une suggestion précisément dosée pour donner à l’érotisme tout son sel. « Je m’oublie / dans ta main » Les grandes déclarations se font parfois prosaïques – et c’est hilarant –, parce que l’amour ne peut pas être constamment à son pic. « Pour toi je serais capable / de manger de la betterave / (pas tous les jours non plus) » Le poète ne se prive pas d’envolées vachardes, teintées de mauvaise foi, parce que c’est aussi, ça, l’amour. « C’est pas ma faute / si t’es plus belle / quand je t’énerve »

Cette lecture se déguste, se suçote, se feuillette gourmandement pour en retenir une phrase ou deux. « Je respire tes bouchons de parfum / pour me rendormir / dans ton cou » Thomas Vinau est aussi l’auteur d’Ici ça va et, chez Les Venterniers comme pour le présent ouvrage, Les gens qui tombent. Je le préfère décidément dans la forme courte et poétique. Et ce petit livre fait main par cette maison d’édition que j’aime tant m’est précieux par ses imperfections délicates. « Le diable se cache /dans tes/ détails »

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