Katie

Roman de Michael McDowell.

Philo est tout l’opposé de Katie. La première est honnête, travailleuse, serviable et aimable. La seconde est cruelle, perverse, avide et sans scrupule. Par la main de Katie et de ses parents, Hannah et John Slape, Philo se retrouve doublement orpheline, plus pauvre que jamais et accusée de meurtre. « Mon Dieu, […] mais ta vie n’est qu’un long chemin parsemé de malheurs ! » (p. 130) Oui, Philo est une brave fille, mais face à cette famille d’assassins, de voleurs et de tortionnaires, elle jure d’obtenir vengeance, même si elle se sait perpétuellement en danger. « Les Slape ne se laisseront pas attraper, et ils me retrouveront ! » (p. 249)

Impossible de résumer ce roman dont chaque chapitre compte une péripétie – voire plusieurs – retentissante. Les Anglo-Saxons parlent de page turner, les Français de roman-feuilleton. Les deux titres se valent : Katie est un récit qui se dévore et qui, sans s’essouffler, entraîne le/la lecteur·ice de page en page. Il y a un peu des Thénardier dans la famille Slape, mais à la sauce Stephen King, façon Carrie et Ça, avec supplément prémonition. Oui, ce roman dégouline de sang à gros bouillons : c’est volontairement et jouissivement gore. Mais le texte a aussi un côté un peu fleur bleue : Philo n’est certes pas une Cosette qui attend qu’on la sauve, mais elle vit quelques épisodes doux et romantiques qui tranchent fermement avec l’horreur de sa vie. J’ai tombé ce roman de presque 500 pages en une journée : le style de Michael McDowell, que je découvre avec ce texte, n’est pas époustouflant, mais il sait tenir en haleine. Une seule question à la fin du roman : pourquoi ce titre ? Katie n’est pas l’héroïne, mais la détestable antagoniste que l’on souhaite voir disparaître…

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