
Recueil d’aphorismes de Mario Alonso.
J’ai une tendance non dissimulée à l’épuisement : quand je découvre un·e auteur·ice qui me touche, je veux lire toute son œuvre. Je suis en bonne voie pour Mario Alonso dont il ne me reste à lire que le dernier titre paru… et tous ceux à venir ! De l’auteur, j’ai déjà immensément apprécié Lignes de flottaison, Les gens qui meurent, Watergang et Femme de cabane.
Revenons à ce recueil. Mario Alonso parle de lui-même, sans doute le sujet qu’il connaît le mieux, mais également de ses parents et de l’écriture, ou encore de l’étrange trajectoire de la vie à la mort. Il donne des définitions à l’aphorisme, et je les préfère sans aucun doute à celles de tous les dictionnaires. « Mes aphorismes sont des goûts pillés. » (p. 10) De certaines des illuminations de l’aphoriste, on pourrait faire des mantras, mais ça serait trop de travail. L’aphorisme, ça se picore, ça (s’)infuse, ça bourgeonne. « Devenir l’égal de l’homme serait se rabaisser. » (p. 32) Comme dans Lignes de flottaison, je trouve dans l’œuvre de Mario Alonso une légèreté puérile très rafraîchissante qui voisine avec une sagesse un peu désespérée et résignée.
Quittons-nous sur quelques jolies pensées, puisque le printemps est là !
« L’homme est le plus dégueulasse des animaux. Mais il a inventé le rince-doigts. » (p. 9)
« Ma femme adore que je m’occupe de son triangle amoureux. » (p. 23)
« Remballez votre bien-être à la noix de cocooning. » (p. 31)
« J’ai parfois la pensée d’un gris bouillie. » (p. 65)
« Je ne conseille pas un livre que j’ai aimé. Trop peur qu’on me l’abîme. » (p. 69)
« Je ne suis pas le même étranger selon qui m’écoute. » (p. 72)
« Écrire, c’est se gratter la langue. » (p. 80)